Épidémie de douleurs dorsales à Montréal…
Un coffre-fort tellement rempli d’argent sale qu’on doit être deux pour réussir à le fermer. Un organisateur politique qui vient directement impliquer le maire de Montréal à la Commission Charbonneau. Ce même maire qui augmente encore une fois les impôts fonciers de ses concitoyens.
Ouch!
Y a quelque chose de plus en en plus lourd dans notre dos à Montréal, vous ne trouvez pas? On a l’impression qu’un genre de tumeur située entre nos deux omoplates grossit de plus en plus. Pas une tumeur maligne, une tumeur bénigne en forme de U (pour Union Montréal) dont les deux extrémités seraient fixées à notre colonne à l’aide de vis. (Ou de vices, c’est selon.)
En fait, la poignée que l’administration Tremblay nous a installée dans le dos commence à être tellement lourde que les Montréalais marchent courbés. Ou marchent-ils courbés simplement pour ne pas trébucher sur un cône orange ou tomber dans un nid-de-poule? Ou regardent-ils simplement à terre, remplis de la honte d’avoir réélu Tremblay malgré des indices sérieux de malhonnêteté, comme l’histoire des fameux compteurs d’eau?
Au-delà de tout ça, au-delà de ce mal de vivre des Montréalais, c’est l’attitude du maire qui détonne…
Son agressivité passive en conférence de presse est d’un ridicule consommé. Pas une sainte colère, non.
Plutôt la mauvaise humeur d’un homme écœuré d’être en poste, tanné de se faire humilier tous les jours par des éléments de preuve, pardon, des témoignages sans valeur de plusieurs témoins-clés à la Commission d’enquête sur l’industrie de la construction… Un homme de pouvoir, usé, devenu grognon à force de se faire questionner.
«Je ne me cache pas, je suis présent, je ne suis pas malade! Et je vais continuer à gérer la Ville de Montréal dans le meilleur intérêt des citoyens. Y me semble que c’est clair! Donc, à l’avenir, si vous me posez une question, j’vous répondrai plus… J’vous répondrai plus, pas parce que je veux pas, pis pas parce que vous êtes pas gentils… Parce que je vous apprécie, j’veux vous le dire… Posez-moi plus la question sur cette chose-là, j’répondrai pas.»
Voir le maire nier avec véhémence en conférence de presse, le voir faire la leçon aux journalistes, comme si ces derniers devaient s’intéresser à la «poutine» inscrite à l’agenda quotidien du maire et mettre les témoignages de la Commission Charbonneau de côté. C’est nouveau, ça. Le maire choisit les questions qui lui font plaisir.
Rendu là, tant qu’à continuer cette mascarade pendant des mois, tant qu’à laisser la poignée installée dans notre dos grossir de plus en plus…
Au lieu de nous prendre pour des valises, si le maire faisait les siennes?
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.