Club privé, scandale, alouette!
Est-ce que c’est nous ou l’essentiel est de savoir avec qui nos élus mangent, pas à quel endroit?
C’est vrai, on s’en fout un peu qu’ils aillent dans un club privé ou déguster une poutine à la Belle Province. Ce qu’on veut savoir, ce n’est pas si des gens que nous avons élus ont fréquenté l’endroit par excellence pour faire des rencontres louches, du moins sur le plan politique, mais plutôt qui a payé leur addition… Si c’est leur beau-frère ou un ami d’enfance, on n’en a rien à cirer. Par contre, si c’est le parrain de la mafia, c’est en effet une information très importante.
Assez drôle, le spin que certains politiciens y mettent depuis deux jours : «Oui, mais je peux justifier ma présence au 357C, untel est y déjà allé aussi!» Non non, un instant! Vous n’avez pas à justifier vos soupers, seraient-ils à la Tour d’argent à Paris, tant que vous ne payez pas l’addition à même nos taxes! Avec qui avez-vous lunché à cet endroit? Ça, par contre, c’est une question qui mérite d’être étudiée minutieusement! Encore une fois, il semble évident que le problème n’est pas d’aller souper dans ce resto-club-whatever, tant que l’élu(e) paie sa facture et y va sans rencontrer la clique qui donne sa représentation quotidienne à la Commission Charbonneau! Mais là… Comme le crime est devenu, depuis quelques jours, de s’y être trouvé, certains médias mettent tous les clients du club dans le même panier.
Enfin… On ne peut pas empêcher certaines personnes de spinner ça dans tous les sens, surtout que certains partis en ont fait une habitude avec le temps! Pas de besoin de les nommer, ils se reconnaissent! Par contre, il est vrai que le délit d’association à un souper est plutôt mince, comme péché politique, comparativement à la feuille de route de certains ex-ministres qui recevaient des cadeaux directement des entrepreneurs… Encore une fois, pas besoin de les nommer, ils se reconnaissent!
En attendant, voici la solution pour éviter de nouveaux scandales du genre : on suggère fortement aux gens louches de se rencontrer chez McDo; ça paraît moins mal d’aller souper avec trois entrepreneurs quand tu prends un trio Big Mac et que tu transformes ta frite en poutine. De toute façon, le résultat est le même, chers amis corrompus, vous aurez encore droit à votre pot-de-vin, mais au lieu d’être évident, comme au moment où on vous offre une bouteille de champagne millésimé, c’est plus subtil quand il y a des taches de sauce brune sur le contrat… Pas besoin de nommer ceux qui ont pris notre conseil en note… Ils se reconnaissent!
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.