Des abdos en cadeau
C’est ma fête bientôt. Je vais avoir 29 ans. Mais j’y pense très peu au 29. J’ai déjà la mire sur le 30. Yes monsieur! Je t’ai à l’œil! Je te vois venir! Tu ne me feras pas ton coup de bilan, de regrets, de focus de mauvais moves, de j’écoute du vieux Dubmatique couché en boule!
J’anticipe le bilan. En fait, depuis quelques semaines, j’essaie de changer des mauvaises habitudes. Parce que je me connais, si j’attends 30 ans, y se passera rien. Avec le temps, t’apprends que ces grands élans de motivation intense changent du jour au lendemain, ça tient aussi longtemps qu’un toupet au vent.
Donc là, j’anticipe. Depuis quelques semaines, j’ai commencé tranquillement, réalistement, à changer quelques mauvaises habitudes. Pour me donner un élan, un swing. Question d’attaquer ma trentaine avec une vitesse de croisière au lieu de planter mes deux pieds dans le plancher du bateau pis de souffler dans la voile pendant deux jours, abandonner, pis finir couché sur le quai avec une mouette qui picosse les miettes de chips dans mon nombril.
Une de ces mauvaises habitudes? Je me suis mis au gym. J’ose pas dire «remis au gym». Mes abonnements au gym ont très peu souvent dépassé les trois mois. Le temps que ça prend pour passer de «Je vais m’entraîner quatre jours semaines, et ce, jusqu’à ma mort!» à «OK, deux jours, mais je prends les marches à job», à «Bon, c’était ben cute comme projet. Le Dairy Queen à pied… ça s’annule?»
Donc là, molo capitaine. Pour les trois premiers mois, j’ai juste comme objectif de faire circuler le sang dans mon corps, de suer un peu, pis d’avoir mal à un muscle quelconque par entraînement. Me donner un swing. Mais j’ai un objectif plus grand. Je veux avoir, dans un an, à mes 30 ans, des abdos. C’est d’un con! Je sais. C’est comme la fois au cégep où je m’étais dit : «Bon, d’après moi, il reste deux ans max à la mode des mèches dans les cheveux. Aussi ben essayer tout de suite.» J’t’un gars d’expériences. D’essais. Faut pas juger. Ou si peu.
Donc, là, je veux des abdos. C’est mon cadeau pour mes 30 ans. J’ai jamais eu ça de ma vie. Plus jeune, j’étais naturellement mince. Mais j’ai jamais eu de six- packs. Là, j’ai une bedaine, pis je me suis dit : «Si j’arrive à 30 ans avec ça, elle va juste grossir jusqu’à mes vieux jours.» Faque, tant qu’à sacrer la bedaine aux vidanges, aussi ben viser un peu plus haut. Les abdos.
Ma blonde s’en sacre ben raide. Elle l’aime ma bedaine. Elle s’en sert comme coussin sur le divan. Mais dis-lui adieu! Dans un an, jour pour jour, j’écris une chronique titrée «Je peux faire des pubs de bobettes!» J’ai des plans plus sérieux, mais sont plates… comme mon ventre dans un an! BOOM!
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.