Les pigeons peuvent attendre

Le journal vire au bonheur aujourd’hui. Il l’a déjà fait dans le passé. Et comme la fois d’avant, j’avais eu la commande, ou demande, d’écrire sur le sujet. Et là, faudrait que je me répète! Non mais! Allez lire ma vieille chronique, «Le bonheur», sur le site du journal Métro. Puis on en parle pus!

S’cusez, j’ai eu une baisse de sucre. J’ai mangé deux biscuits. Ça va mieux, là.

Donc, le bonheur. Le bonheur, je l’aime beaucoup. Mais je ne cours pas après tout le temps. En tout cas, pas pour maintenant.

Personnellement, je pense que l’état de plénitude du bonheur du moment présent de joie de vivre de manger des figues, c’est bon pour l’enfance et le voyage des vieux jours. Puis c’est ben correct comme ça. Entre 15 et 60 ans, je trouve que ce n’est pas le bon timing pour viser le fameux bonheur total et constant.
Sinon, on passe à côté de trop de choses importantes.

L’indignation amène l’action et l’évolution. La survie amène l’innovation. La fuite amène l’imagination. La souffrance amène une créativité profonde.

Les compositeurs sortent souvent un «album soleil» rempli de chansons hop la vie : «J’avais le goût de me faire du bien, bla bla.»

«C’est un album joyeux, bla bla.» «Je prends mon bain dans du Quik aux fraises, bla bla.» Soyons honnêtes, c’est souvent d’la grosse cochonnerie.

Chaque chose en son temps. Y a un temps pour travailler, puis un temps pour relaxer. Ben, y a un temps pour s’indigner, survivre, fuir, souffrir, puis y a un temps pour se sacrer des sandales dans les pieds avec des bas pis nourrir les pigeons la face joyeuse.

Entre-temps, la quête du bonheur doit être, je pense, ponctuelle. Être bien avec nos gestes imparfaits, nos quêtes difficiles, épicés de moments de bonheur. Question de tenir le coup et de se rappeler qu’est-ce que ça goûte. Sinon, on oublie, et on vieillit aigri, amer, malheureux, incapable de recréer la recette. C’tu plate, ça. T’as juste ça à faire, être heureux, mais tu te souviens pu comment faire.

Y en a qui trichent ou abandonnent. Ils sont des nostalgiques. Je trouve ça dangereux, la nostalgie. Parce que pendant que tu focusses sur tes moments de bonheur d’hier, tu vois pas les possibilités de bonheur d’aujourd’hui. «Mon temps», c’est pas juste à huit ans, c’est tant que je suis en vie.

Allez, deux autres biscuits, et au travail. Les pigeons peuvent attendre. 

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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