Le froid, notre carotte

Pendant que j’écris, y neige vraiment. Comme trop. Comme ça finit pu. Comme OK, arrête de shaker la boule monsieur. Laisse-la sur la table du salon cinq minutes. J’ai vu le voisin pelleter deux fois son entrée depuis à matin. Je l’imagine : «Maudite marde! De #*$&?!!» Et pourtant. On devrait être contents. Reconnaissants. Sans neige, surtout sans froid, mon voisin n’aurait pas d’entrée à pelleter. Puis moi, rien à écrire.

Ça a l’air que c’est comme ça. Nos maisons, objets, outils, technologies ne seraient pas si évolués dans d’autres conditions. Ça prend des conditions variables entre le froid et le chaud. Trop chaud ou trop froid, les peuples font du surplace. Inuits, îles tropicales. C’est rare que les inventions et les révolutions matérielles viennent de là. Deux raisons : confort et survie.

Personnellement, quand il fait trop chaud, je veux être un lézard puis entrer ma face dans un melon d’eau. Quelqu’un qui vit sur une île tropicale, pourquoi il se casserait la tête? Il mange, il fait l’amour, il se baigne dans l’océan. Il s’en sacre-tu d’essayer de trouver une application iPhone qui va lui rapporter plein de cash? Il va faire quoi avec? Aller dans le sud? Y est déjà là!

Ou sinon, la survie. Dans les pays du tiers monde, ce n’est pas l’intelligence qui manque, c’est le temps. Pendant que tu cherches de l’eau pour survivre, t’as pas le temps de chercher une recette pour qu’à goûte les fraises.

Les Inuits. C’est l’extrême du froid. Sont pas moins brillants, juste occupés à pas perdre leurs orteils.

Donc, notre neige, notre froid, c’est notre coup de pied aux fesses, notre carotte au bout du bâton. Chaque espèce vivante a son type de conditions favorables à son évolution. Les baleines ont besoin d’eau salée à une certaine température, les zèbres, de chaleur et de gazon. Les mouettes, de McDo. Nous autres, de froid et de tiède. Le froid nous motive, le tiède nous donne les conditions pour travailler.

Je sais, je sais. Avoir de la gratitude pour la neige quand ton dos est barré à cause du troisième pelletage de suite en une journée… C’est une réflexion que je me suis faite assis bien au chaud chez nous. Tantôt, faut que je sorte. Garanti qu’en pelletant mon auto, je n’aurai pas le cœur rempli de gratitude. Mais bon, après, je vais m’asseoir dans un gros objet qui m’aide à me déplacer, me garde au chaud l’hiver et au frais l’été, joue de la musique et me passe les infos. Pas pire pareil.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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