Les costumes couleur peau
BOUH! As-tu eu peur? Écoute, c’est le mieux que je peux faire. J’écris dans un journal. Donne-moi un break.
Aujourd’hui, c’est l’Halloween, mais vos partys étaient sûrement en fin de semaine. Dans les bars, l’Halloween, c’est différent qu’au bureau, à l’école et dans les partys maison. Dans les bars, y a un type de costume très populaire auprès de certaines représentantes de la gent féminine : «La slut».
Faites pas vos matantes, ça existe. C’est le terme populaire. C’est ça. Elles s’assument, se trouvent drôles ou juste sexy. Mais ça existe. Et pas mal, en plus. «C’est quoi ton costume?» «Je suis une abeille, me semble que c’est clair!!?» «Ah ben oui, s’cuse. J’avais pas vu les deux lignes noires sur ton string jaune. T’as pas frette?»
La question c’est pourquoi? Pourquoi, pour tant de jeunes filles, la première idée, quand vient le temps de choisir le costume, le déguisement, le personnage secrètement rêvé d’incarner, est la «pute»? (Ark, on dirait Gilles Proulx.) Je veux juste clarifier : mes yeux n’ont rien contre. J’suis un gars avec tout ce qu’il y a de plus colon quand vient la chance de l’être. J’essaie juste de comprendre. Je vais continuer à regarder, mais avec la satisfaction prétentieuse du savoir. J’suis un intellomacho. J’ai des lunettes en cuir.
Je pense que c’est le bon vieux pouvoir. Le bon vieux mâle-femelle. La bonne vieille savane qui coule encore dans nos veines. Les gars se déguisent en super héros, en monstres, en vampires ou en bols de toilette. Tous des personnages de pouvoir. Oui, oui. Que ce soit le pouvoir par la force et la peur ou le pouvoir du rire. Ce qui attire les filles, bref. Puis, les jeunes filles poussent au max leur pouvoir de séduction. La fois dans l’année où elles peuvent montrer leurs attributs les plus premiers sans se faire arrêter par la police, ou demander combien elles chargent.
Le gros de la séduction, de nos désirs de maximiser notre pouvoir d’attraction, se fait dans la jeunesse. C’est donc normal de voir les jeunes hommes jouer des personnages de surhommes, et les jeunes filles, des personnages d’hyper sexy. Avouez que voir Ginette déguisée en «toute nue» au party d’Halloween du bureau, ça ferait un frette. Mais pas la stagiaire. Ton tour est passé, Ginette. C’est pas grave. Y est drôle, ton costume de carotte. (Sans rancune, Ginette!)
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.