Montréal est aki

Lundi, j’étais en reportage au cégep du Vieux-Montréal, qui accueille le 34e Championnat du monde d’aki-filet, mieux connu ailleurs comme le footbag.

Ce sport ressemble à un métissage de volley-ball et de badminton où seuls les pieds peuvent toucher l’aki, un ballon de soccer miniature d’environ six centimètres de diamètre.

Maude Landreville m’a accueilli à l’entrée du cinquième étage qui grouillait de monde. À notre premier échange, je ne me doutais pas que ma sherpa pour découvrir l’aki-filet était l’une des trois meilleures joueuses au monde dans sa discipline. Toutes Montréalaises. Je ne vous l’ai pas dit encore, mais le Québec est un chef de file mondial dans ce sport!

Une ambiance bon enfant régnait. Ma guide m’a invité à voir les matchs du double messieurs. Sur un banc, de l’autre côté des gradins, elle m’a entraîné dans un récit envoûtant. Rares sont ceux qui connaissent leur sport sur le bout des doigts comme elle. «Regardez celui qui joue la partie à gauche, m’a-t-elle lancé d’une voix de groupie; c’est Shultz. Cet Américain a le compas dans l’œil. Il est tellement magistral qu’un des coups du aki-filet porte son prénom.»

Et je l’ai vu, «le Kenny». Au ras du filet, le joueur est en extension, on dirait que le temps se fige comme dans le film The Matrix où le réalisateur nous offre une rotation de 360 degrés de la scène. Puis, l’Américain effleure en douceur l’aki du revers du pied pour compter!

«Voici les M n’ M, pour Martin Gratton et Martin Côté. Quand un double arrive à battre ces deux légendes du aki québécois, il accède à un club sélect, m’a lancé Maude avec admiration. Et celui-là, c’est Yves. En plus d’incarner l’avenir de notre sport, il le documente. Il est une véritable encyclopédie du aki.»

En deux heures d’échanges, Maude m’a raconté des histoires à la tonne sur la communauté du aki, d’ici et d’ailleurs. Elles pourraient s’étendre sur l’intégralité d’un journal. Une vraie geek.

Avant de partir, ma sherpa m’a suggéré le clou de l’après-midi : Florian Goëtz. Le Federer du aki-filet. Même pour moi, qui ne m’y connais pas, le talent brut m’a sauté aux yeux. Plus d’une fois, l’Allemand, champion du monde en titre du simple, a exécuté, sans suer, des figures artistiques à une cadence industrielle.

Avec la grâce d’un danseur de ballet, l’Allemand vole. Au ras du filet, en une fraction de seconde, il s’immobilise dans les airs, fixe la surface adverse, et d’une rotation de l’extérieur ou de l’intérieur du pied, fait mouche en envoyant l’aki dans un endroit précis du terrain. Hallucinant!

À lire aussi: Le footbag pour les nuls.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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