Alouettes de Montréal: erreur de casting!

Le congédiement de l’ex-entraîneur en chef des Alouettes a mis à nu la gestion catastrophique du remplacement d’un grand entraîneur de la trempe de Marc Trestman. Que ce soit dans le sport ou n’importe quel autre domaine, mener un groupe est avant tout une affaire de gestion des ressources humaines. Il faut prendre le temps de trouver l’oiseau rare.

À ce sujet, pour avoir l’avis d’un expert, j’ai joint par téléphone Alain Gosselin, professeur titulaire au Service de l’enseignement de la gestion des ressources humaines et directeur associé à la Formation des cadres et dirigeants à HEC de Montréal. Entrevue.

Vous avez sûrement suivi le congédiement de l’entraîneur des Alouettes de Montréal. Est-ce aussi difficile de remplacer un grand chef d’équipe de la trempe de Marc Trestman?
Quelle que soit l’organisation, c’est très difficile de remplacer un grand gestionnaire. Il y a un effet de contraste quand on veut remplacer un gestionnaire qui a une grande expérience comme celle de l’ancien coach des Alouettes. Marc Trestman a une riche expérience avec des équipes professionnelles, notamment dans la NFL. Il est apprécié par son équipe et a aussi eu beaucoup de succès avec les Alouettes. C’est très difficile de sortir gagnant d’une telle situation pour son remplaçant. Quelqu’un qui prend la relève d’une personne extrêmement appréciée dans une organisation est en déficit de crédibilité. Il doit s’attendre à gagner ses galons.

Comment?
Le remplaçant doit très bien lire la situation pour s’adapter. Avant de commencer à performer, il doit apprendre en s’appuyant sur les anciens, se faire l’allier des vétérans de son équipe. Sinon, il va créer une ambiance invivable. Le remplaçant doit remonter une courbe d’apprentissage. Il doit prendre du temps pour s’imprégner de la culture de l’organisation et décoder les règles non écrites régies par les vétérans. Ensuite, il peut porter un jugement et proposer des pistes de changements. C’est aussi le cas quand un gestionnaire remplace un prédécesseur incompétent et rejeté par les membres de l’organisation. Son remplaçant doit s’attendre à payer pour le mal engendré par son prédécesseur. Dans les deux cas, il faut entrer dans une organisation avec modestie pour gagner la confiance de l’équipe.

Dans le cas des Alouettes, peut-on dire que le directeur général, Jim Pop, a commis une erreur de recrutement?
C’est évident. C’est une erreur de casting. D’abord, Dan Hawkins n’a qu’une expérience au niveau universitaire et n’a jamais dirigé dans le milieu professionnel. Et dans ce cas-là, ce n’est pas seulement une question de compétence. Le problème à la base est la personnalité. Dan Hawkins n’a pas écouté les conseils des vétérans…

Pourtant, son discours dans les médias a été imprégné de modestie. Il a notamment dit qu’il n’était pas là pour chambarder la façon de faire des Alouettes et qu’il va s’adapter à l’équipe…
Il y a une différence entre la communication et la vraie vie. Il est évident que Dan Hawkins n’a pas écouté les conseils des anciens. En plus, cet instructeur a mal réagi à la défaite. C’est facile de mettre le blâme sur les autres, mais à un certain moment, face au défi, il faut assumer ses responsabilités. Là-dessus, le propriétaire des Alouettes a bien réagi. Il a admis l’erreur de casting, et il l’a corrigé vite. Comme dit l’adage: Fail fast and fail often.

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