La politique de l’autruche

Notre débat sur la laïcité est salvateur, mais il ne faut pas l’instrumentaliser et s’en servir comme d’un écran de fumée pour éviter de voir ce qui nous menace.

La charte de Drainville nous a plongés dans un exercice démocratique qui nous honore tous. Certes, les positions sont polarisées et le climat est acrimonieux, surtout dans les médias sociaux, néanmoins, on est à un doigt d’un consensus national historique.

Depuis le début de la saga de Drainville, on n’a pas vu des manifestants avec de grandes pancartes contre la laïcité, ni l’égalité hommes-femmes, ni la neutralité de l’État, ni l’instauration de balises claires pour gérer les demandes d’accommodements religieux, ni l’obligation de donner ou de recevoir des services publics à visage découvert.

La seule divergence manifeste dans ce débat est celle touchant la neutralité des individus. Entre ceux qui veulent interdire le port des signes religieux ostentatoires à tout le personnel de la fonction publique et ceux qui proposent de circonscrire cette interdiction à certains postes qui représentent une forme de coercition, comme ceux du président de l’Assemblée nationale, des juges, des procureurs de la Couronne et des policiers, un accord historique est possible.

Une fois la page de la charte de la laïcité tournée, il faut faire face aux vrais problèmes. Notre économie est sur une pente descendante dangereuse. Le gouvernement a beau claironner des promesses électoralistes, mais l’argent ne pousse pas dans les arbres.

Nos moyens sont limités au Québec. Sur les quelque 70 G$ de notre budget annuel, 16 G$ s’engouffrent dans l’éducation et 34 G$ sont accaparés par la santé. Il reste des miettes pour les autres postes budgétaires.

Et même avec nos moyens limités, certains ont eu l’infamie de dilapider les deniers publics sous l’emprise de la collusion, de la corruption et de la mafia de la construction.

Pire, selon l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), au Québec, 49 % des adultes (de 16 à 65 ans) ont des difficultés de lecture. Parmi ceux-ci, 800 000 sont analphabètes (1). Et ce n’est pas tout. Le Québec a le record canadien du décrochage scolaire.

Les épidémies d’analphabétisme et de décrochage scolaire finiront un jour par nous ramener au rang de pays sous-développé!

Chez nous, il faut favoriser la création de la richesse, assurer un financement public des partis politiques, lutter contre le décrochage scolaire et garantir au peuple l’acquisition des connaissances et des compétences de base pour affronter un monde en rapide évolution.

(1) Voir la section des adultes de la Fondation pour l’alphabétisation : www.fondationalphabetisation.org

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