Quand on assassine la république!
La semaine dernière, dans Quand le racisme se banalise, je vous ai parlé d’Anne-Sophie Leclere, tête d’une liste du Rassemblement Bleu Marine, l’étiquette de Marine Le Pen, aux prochaines municipales en France. Elle a comparé la ministre Christiane Taubira à un singe et le Front national l’a exclue.
Le lendemain, la ministre de la Justice a réagi sur les ondes de France Bleu ainsi: «Cette personne connaît comme nous tous (…) la pensée mortifère et meurtrière de ce parti, le Front national a une pensée mortifère et meurtrière. Cette militante, qui est une personne qui a des responsabilités puisqu’elle était tête de file, elle le sait, simplement elle n’a pas compris que sa direction a dit qu’il faut faire semblant. »
Suite à quoi, le Front national a décidé d’engager une procédure judiciaire contre la ministre de la Justice.
Et ce n’est pas fini. Mme Taubira a subi d’autres attaques racistes, dimanche dernier, à Angers. Elle a essuyé des insultes de manifestants contre le mariage pour tous. Des enfants de manifestants ont brandi des bananes lors de son passage.
Hier, dans un reportage de France 2 réalisé à l’Assemblée nationale française, le socialiste Jean Glavany a volé au secours de la ministre de la Justice. Il a prononcé un réquisitoire contre le racisme: «une manifestation a vu des enfants, des enfants de la république, des gamins brandir des bananes et dire c’est pour la guenon. Eh bien, mes chers collègues, quand des parents amènent leurs enfants à commettre de tels actes, c’est la république qu’on assassine. Et quand nous, les élus de la république, nous entendons cela, ne nous pouvons pas nous taire. Nous devons crier notre honte et notre révolte.»
Comme l’a rappelé le présentateur du téléjournal, pour un rare moment, Christiane Toubira a été soutenue par tout l’hémicycle.
À suivre.
