La boulette du Parti libéral
La veille du 7 avril dernier, un ami souverainiste et connaisseur de la politique québécoise m’a lancé : «Le Parti québécois est cuit. Vote pour qui tu veux, sauf le Parti libéral. C’est le pire de tous!»
Mon confident a peut-être exagéré, mais le PLQ ne fait pas grand-chose pour tordre le cou à sa mauvaise réputation. Sa députée Julie Boulet illustre parfaitement ce syndrome libéral.
Il y a 11 ans, moins d’un mois après son assermentation, Julie Boulet a remis sa démission comme ministre déléguée à la Santé. L’opposition l’a accusée de s’être placée en situation de conflit d’intérêts en acceptant des cadeaux d’un fabricant de médicaments.
Un an après, l’Ordre des pharmaciens a admis que Mme Boulet avait enfreint son code de déontologie. Elle a offert par le passé des avantages financiers à des médecins sous forme de loyer gratuit dans les locaux de sa pharmacie.
Récemment, devant une commissaire Charbonneau ahurie, Mme Boulet a répété sans sourciller ignorer ce que toute la classe politique a fini par admettre : le financement sectoriel, ce stratagème qui consiste, pour les partis, à recevoir du financement d’entreprises ciblées même si la loi leur interdit de financer des partis politiques. Les dons sont effectués par des dirigeants, des cadres ou même des employés qui servent de prête-noms.
Certes, personne n’accuse l’ancienne ministre libérale de corruption ou de malversation, mais elle s’est placée à trois reprises dans l’eau chaude en plaidant la bonne foi ou l’ignorance.
«Celui qui ne réagit pas devant l’injustice est un diable muet.» Ce proverbe arabe résume le syndrome Boulet. Comme bien d’autres élus du PLQ, la députée de Laviolette incarne parfaitement cette nouvelle race de politiciens qui suivent la parade comme un troupeau.
Elle sait et ne veut rien savoir. Elle comprend et ne veut rien comprendre. Car on ne devient pas pharmacien en étant un cancre.
Mme Boulet aurait pu se contenter des revenus très confortables de sa pharmacie pour mener une vie tranquille, en jouissant du respect de toute sa communauté. Mais la politique a cette capacité de transformer un être civilisé en une bête politique prête à tout pour toucher le Saint Graal, le pouvoir.
Dans notre vie politique, la dénégation est élevée au stade d’un art. Sans témoin à charge, le réel n’existe pas, et le dénégateur finit par croire que son déni n’existe pas non plus.
Le PLQ a vraiment besoin d’une thérapie de groupe avant de nous imposer une cure d’austérité. Sinon, la pilule ne passera pas!
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.