Pas facile d'être un designer québécois
Il y a quelques semaines, on apprenait que le réputé designer québécois Andy Thê-Anh fermait boutique. Après des ventes décevantes, ses bailleurs de fonds, qui avaient investi dans sa ligne de vêtement vendue notamment aux États-Unis, ont quitté le bateau, l’obligeant à fermer ses deux boutiques du centre-ville et celle de Toronto. Une nouvelle qui a fait frissonner le petit monde de la mode québécoise.
Même si les jeunes créateurs n’ont jamais été si nombreux à la Semaine de mode et qu’on en découvre de nouveaux quasiment toutes les semaines, ce n’est pas facile de gagner sa vie comme designer au Québec. Le talent, c’est bien beau, mais il faut des investissements importants pour que les designers puissent passer de leur atelier de fortune à des boutiques chez nos voisins du Sud.
Ce matin, les difficultés de la mode québécoise ont fait l’objet d’une discussion à l’émission de Christiane Charrette, avec le professeur de marketing à l’École supérieure de mode de Montréal Jocelyn Bellemare, le rédacteur en chef du magazine Dress to kill Stéphane Leduc, et le designer de mode québécois et chroniqueur au Devoir Jean-Claude Poitras. Ce dernier avait d’ailleurs déjà connu des difficultés financières dans les années 90.
Selon eux, la concurrence des magasins comme H&M, et l’incertitude économique donnent de la misère aux créateurs d’ici. Ces derniers aussi sont parfois mal outillés pour commercialiser leurs produits. À défaut de posséder leur boutique pignon sur rue, ils suggèrent entre autres aux designers de privilégier les pop up shop, des boutiques qui n’ouvrent leurs portes que deux mois par année, pendant le temps des Fêtes, par exemple.
Faire appel à des agence de vente comme l’Agence KA, à Montréal, pourrait aussi donner un petit coup de pouce aux designers qui ne savent pas comment «bien se vendre». Il est aussi impératif de souligner qu’ils doivent s’ajuster au marché s’ils veulent survivre. Helmer, cet été, a d’ailleurs décidé de laisser la haute couture pour privilégier le prêt-à-porter.
Mais malgré cette ombre dans le portait de cette industrie, il faut se rappeler que les gens comme Philippe Dubuc ont fait faillite et ont opéré un retour dans le milieu.
Quoi qu’il en soit, pour supporter cette industrie fragile, achetons les créations de nos designers québécois!