Se haïr jusqu’à la mort!
Les deux, se réveillent chaque matin, prennent leurs petits-déjeuners avec leurs êtres chers, mettent leurs uniformes et partent pour défendre leur patrie!
L’un est Israélien membre de Tsahel. Qui sait si ses grands-parents ont séjourné dans les horribles camps de concentration nazis ou s’ils ont été exterminés par la Gestapo durant une rafle, un transfert brutal ou dans un four?
L’autre est membre des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche armée du Hamas. Ses parents ont tout perdu, leur terre, leur liberté et leur dignité. Sans citoyenneté ni passeport, qui sait ce qu’ils ont subi comme horreur? Ont-ils été témoins ou victimes de la boucherie de Sabra et Chatila? Ont-ils goûté aux prisons de l’occupant ou vécu l’humiliation des camps de réfugiés?
Le premier a été bercé dans les contes de ce peuple israélien qui a tant erré dans le monde et failli être exterminé avant d’accéder à la terre promise, le Grand Israël. On lui a sûrement exposé les grandes victoires de Tashel sur les méchants Arabes avant qu’ils ne deviennent d’horribles djihadistes sanguinaires?
L’autre est né dans un territoire occupé, emmuré et humilié. On lui a toujours conté la même histoire, un jour, un peuple est retourné de force dans ce qu’il estimait être sa terre promise au détriment du sien. On lui a souvent relaté que la communauté internationale a reconnu Israël, mais aussi la Palestine, un rêve que sa famille ne veut jamais oublier depuis 67 ans.
Qui sait si l’un a perdu un être cher lors d’un attentat terroriste, ou si l’autre a survécu à un bombardement de l’occupant? Les deux ont sûrement été témoins d’une horreur de la guerre qui a brisé leurs cœurs meurtris par tant de massacres!
De part et d’autre, les deux sont convaincus d’être les dépositaires légaux de cette terre, Israël pour le premier, la Palestine pour le deuxième. Ils sont convaincus que seule la solution finale réglera ce conflit éternel: exterminer l’autre ou le jeter avec son peuple dans la Méditerranée!
À un moment, il y a eu un rapprochement des braves entre les deux après les Accords d’Oslo. Avec la poignée de main d’Arafat et Rabin, un rêve de deux États voisins était possible. Hélas, ce rêve a viré au cauchemar.
20 ans ont passé et ils sont toujours en guerre. Ce matin, le premier monte dans son char pour bombarder les villes de l’ennemi qui abritent les terroristes. L’autre emprunte un tunnel pour canarder les soldats de l’occupant!
Un jour, ils en découdront au corps à corps. Dans la pénombre, alors que l’un fait sa ronde, l’autre surgira d’un buisson pour l’achever avant d’exploser en mille morceaux sous le tir d’un drone.
Ils auraient pu être des voisins et devenir des amis, mais ils n’ont appris qu’à se haïr à en mourir, au service de leur patrie, sans jamais avoir eu le temps de se parler, se connaître ou se comprendre!