Fais-moi mal, Johnny!
Cet été, une de mes amies célibataires a fait la rencontre d’un beau jeune homme sympathique, attentionné et très gentil. Mais après quelques soirées passées avec ce prétendant, que j’appellerai pour les besoins de la cause Karl, mon amie Catherine en est arrivée au constat suivant : Karl était TROP gentil.
En fait, Karl était en pâmoison devant mon amie. Il la traitait comme une déesse, la complimentait constamment et était très affectueux. Si vous pensez que c’est ce que toutes les femmes désirent, vous vous trompez! Catherine n’en avait que faire de ses massages de pieds et des soupers qu’il avait passé tout l’après-midi à concocter!
Vous vous dites sûrement que les femmes sont bien compliquées et qu’elles ne savent pas ce qu’elles veulent… et vous avez un peu raison! La plupart des célibataires de la gent féminine sont paradoxales. Elles souhaitent rencontrer un «bon gars», mais en même temps, le «bon gars» ne devra pas être trop «téteux» ou trop «homme rose». Je n’irai pas jusqu’à dire que les célibataires sont à la recherche d’un bum – maintenant adultes, elles n’ont pas besoin d’avoir un adolescent délinquant comme chum -, mais il est probable qu’un homme hypersensible les laissera de glace.
Mais pourquoi donc les femmes tombent-elles davantage sous le charme des hommes qui leur font un peu mal que sous celui de ceux qui leur font trop de bien? Seraient-elles un peu masochistes? Je dirais pour ma part que certaines femmes aiment les petits drames, mais surtout les émois qu’ils provoquent. La plupart des femmes souhaitent vivre un début d’histoire d’amour passionné, avec des doutes et des moments d’excitation. «Va-t-il m’appeler ou non, est-il intéressé ou non?» Même si elles disent tout haut qu’elles ne veulent pas jouer de game – je l’ai moi-même dit dans une chronique précédente -, elles aimeraient bien vivre les émotions fortes qui accompagnent souvent le début d’une relation.
Si Jules retourne tous nos appels et qu’il accourt dès qu’on lui fait un signe, c’est beaucoup moins excitant que s’il nous fait languir. Parlez-en à Catherine, justement! Après avoir mis un terme à sa relation avec Karl, par manque de papillons, elle a fait la rencontre de Stéphane. Il lui a mentionné dès le départ qu’il sortait d’une relation de plusieurs années et qu’il n’était pas prêt à être en couple à nouveau. Après qu’il lui a fait faux bond à quelques reprises ou l’a ignorée alors qu’il l’avait croisée par hasard dans un bar, laissez-moi vous dire que Catherine le désirait ardemment. Paradoxal, vous dites?
Finalement, Catherine n’a pas réussi à conquérir le cour de pierre de Stéphane et a brisé celui de Karl. Résultat? Catherine est toujours célibataire!
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.