L'amour existe encore
Vous vous dites sûrement : «Quel titre de chronique quétaine!» Et vous avez raison! Mais j’ai fait cet emprunt à Céline pour illustrer ce qu’il y a de plus touchant, je crois, chez les célibataires comme moi. Malgré le fait que nous avons été blessées ou rejetées, nous croyons toujours à l’amour. Pas vrai, les filles?
Malgré toutes les niaiseries que l’amour nous a fait faire, pour nous, l’amour existe encore. Nous croyons encore qu’un jour, oui, un jour nous serons foudroyées par l’amour, un jour l’homme de nos rêves va nous apercevoir dans la rue et va venir à notre rencontre, un jour nous le trouverons, le père de nos futurs enfants. Nous ne sommes peut-être pas si utopistes que je le prétends, mais nous sommes sûrement très optimistes!
Un de mes couples d’amis s’est marié il y a de ça quelques semaines, et même les célibataires les plus blasées n’auraient pas pu faire autrement que de verser une petite larme pendant la cérémonie, tellement c’était beau. Pas de prêtre en soutane, pas de Dieu par ci ou de Dieu par là; seulement des déclarations et des promesses d’amour faites à l’autre.
La plupart des célibataires sont toutefois conscientes que l’amour, ce n’est pas comme dans les films, et que quand on va embrasser l’être aimé, il n’y aura pas de musique qui va se mettre à jouer au-dessus de nos têtes. On sait qu’être en couple, ça demande du travail et des concessions, mais si on ne croit plus en l’amour, vaut mieux s’acheter dès maintenant trois chats, des pantoufles en Phentex et vivre recluses chez nous!
Ce qui fait qu’on est toujours prêtes à ouvrir notre cour, c’est que la mémoire est une faculté qui oublie. La naïveté des célibataires est belle. On se dit en secret : «Peut-être que cette année, je vais pouvoir prendre des vacances avec mon amoureux. Peut-être que cette année j’aurai quelqu’un à embrasser la veille du jour de l’An.»
Souvent, et corrigez-moi si je suis la seule à le faire, quand une amie nous invite à un party avec un cercle d’amis autre que le nôtre, on espère qu’à cette fête on rencontrera le «bon». On sort ce soir danser avec des amies? Et si c’était ce soir que je rencontrais mon futur copain?
Cette pensée positive n’a par contre pas que des avantages, car la plupart du temps on revient déçue de cette soirée entre amis ou de cette virée dans les bars. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, une force «suprême» nous pousse toujours à ne pas perdre espoir et à nous dire : «Et si c’était aujourd’hui le grand jour?»
Ce n’est pas beau, tout ça? Traverser des mois ou même des années seules, mais avec un cour toujours rempli d’espoir et la tête remplie d’histoires possibles!
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