Usine d'Enerkem, une bonne nouvelle pour le Québec!
La compagnie québécoise Enerkem a annoncé lundi dernier la création de
la première usine d’éthanol de biocarburants de deuxième génération. Une
excellente nouvelle! Cette annonce est le fruit de plus d’une vingtaine d’années de recherche et développement, effectuées en partie à l’Université de Sherbrooke, au Québec, par la famille Chornet.
Qu’entend-on par éthanol de deuxième génération? La première génération de biocarburants fait référence notamment à l’éthanol produit à partir de grains, comme le maïs, ou de canne à sucre. Or, plusieurs analyses faites au fil des ans ont démontré que le bilan de ce type d’éthanol était rarement à notre avantage. Pour résumer les choses simplement, il faut souvent plus d’énergie pour produire cet d’éthanol que ce carburant n’en produit!
Heureusement, la technologie qu’Enerkem a mise au point est fort différente, puisqu’il s’agit de convertir des matières résiduelles urbaines non recyclables en biocarburants. Ainsi, on détourne une partie des déchets envoyés au dépotoir pour les transformer en carburant. Cela permet de réduire notre dépendance au pétrole et nos émissions de GES. Pas mal!
Le gouvernement du Québec va investir 27 M$ dans ce projet; le fédéral aussi contribuera. Mais nous ne sommes pas les seuls à nous montrer intéressés par cette technologie. Une usine est déjà en construction à Edmonton, et une autre le sera bientôt au Mississippi (le gouvernement américain va investir plus de 100 M$ dans ce dernier projet).
Les matières qui seront détournées des sites d’enfouissement seront non recyclables et proviendront des secteurs institutionnel, commercial et industriel, ainsi que de débris de construction et de démolition. La capacité de production annuelle envisagée pour cette usine est d’environ 38 millions de litres. Cela devrait permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre d’environ 110 000 tonnes de CO2 par année.
Comme le rappelaient les ministres Sam Hamad et Clément Gignac lors de l’annonce du projet cette semaine, le nerf de la guerre, en matière de lutte aux changements climatiques au Québec, c’est le secteur des transports. Ce biocarburant, tout comme l’électrification, contribuera à réduire la signature carbone de nos transports, tout en ayant un effet bénéfique sur notre balance commerciale.
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