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Le retrait du Canada de Kyoto : une honte!

Eh bien voilà, c’est fait. Depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, les conservateurs de Stephen Harper ont cherché par tous les moyens à échapper aux obligations du Canada en matière de lutte aux changements climatiques.

Déjà en 2003, Stephen Harper parlait du protocole de Kyoto comme «d’un vaste complot socialiste contre l’économie de marché». Cette affirmation, en plus d’être ridicule, est totalement fausse, puisque le protocole a mis en place toute une série de mécanismes de marché afin de lutter contre les changements climatiques, comme la Bourse du carbone, ainsi que le mécanisme pour un développement propre et une mise en œuvre conjointe.

Ensuite, sous le gouvernement Harper, nous avons tourné le dos aux objectifs de Kyoto quand la ministre de l’Environnement de l’époque, Rona Ambrose, a déclaré que le Canada allait respecter Kyoto «sauf les objectifs de réduction de GES»… C’est un peu comme dire : «Je vais respecter le Code de la route, mais pas les limites de vitesse!»

Le Canada devenait alors le premier pays signataire de Kyoto à agir de la sorte. Harper s’est ensuite attaqué aux différents programmes sur la mise en œuvre de Kyoto, tant au pays qu’à l’étranger : fin des programmes d’éducation relatifs aux changements climatiques, du soutien aux énergies renouvelables, aux programmes d’efficacité énergétique pour les moins nantis du pays, de l’aide aux pays en voie de développement, etc.

Et finalement, lundi dernier, Stephen Harper a réussi à concrétiser un projet qu’il caressait depuis près d’une décennie : retirer le Canada de Kyoto. Encore une fois, aucun autre pays signataire de Kyoto n’a fait un tel geste.

Le concert de critiques ne s’est pas fait attendre, que ce soit le gouvernement chinois qui parle d’une décision regrettable, de l’ONU qui qualifie la décision du Canada de faux-fuyant, de Tuvalu (un petit pays insulaire qui disparaît progressivement à cause de l’augmentation du niveau de la mer) qui parle d’un «sabotage» de la part du Canada. Il faut vraiment avoir la tête dans le sable pour penser qu’il n’y aura aucun prix à payer pour cet affront. Nous y reviendrons…  

Suivez Steven Guilbeault sur Twitter au @s_guilbeault