Insupportable

Le Sommet du G8 débute aujourd’hui au Japon. Les dirigeants des huit pays industrialisés les plus riches du monde se réunissent pendant trois jours pour discuter principalement de la crise alimentaire, des changements climatiques et de l’aide aux pays pauvres. Le Canada, fort de son économie florissante et bitumineuse, fait évidemment partie du lot.

Côté climat, nos piètres performances de réduction de gaz à effet de serre (GES) ont déjà fait le tour de la planète et les nouveaux «objectifs» fixés par le gouvernement Harper n’arrangent rien. De plus, les conservateurs nous ont fait comprendre qu’ils n’ont pas l’intention de bouger là-dessus. Rien de nouveau par ici.

Si l’attitude du fédéral ne vous surprend plus, voici peut-être des éléments qui vont raviver votre désir de voir le gouvernement canadien sortir de sa torpeur… Selon le président de la Banque mondiale, la crise alimentaire actuelle pourrait entraîner 100 millions de personnes dans la pauvreté. Les pays du G8 ont donc un rôle crucial à jouer pour aider les pays qui subissent les conséquences de la hausse des prix des denrées alimentaires et du réchauffement climatique.

Le problème, c’est que, même si des engagements ont été pris tout récemment pour renforcer l’aide humanitaire, le support des pays industrialisés diminue au lieu d’augmenter. Et le Canada n’échappe pas à cela. L’objectif international d’aide aux  pays pauvres a été fixé à 0,7 % du PNB. Cette contribution ne comprend pas le financement destiné à l’adaptation et à la réduction des impacts liés aux changements climatiques. Alors que la moyenne mondiale se situe actuellement autour de 0,46 %, la contribution du Canada est encore plus basse avec 0,29 % de notre PNB pour l’année 2006.

Malgré notre économie qui ne cesse de croître et notre bilan de GES qui s’alourdit en raison de l’exploitation des sables bitumineux, notre support envers les pays en voie de développement est en déclin d’une année à l’autre. Nous sommes l’un des pays les moins touchés par les conséquences des changements climatiques et l’un de ceux qui en profitent le plus et nous n’avons même pas la décence de reconnaître nos responsabilités. Vraiment, c’est insupportable.

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