Les océans et nous
Qu’est-ce que les supermarchés ont à voir avec nos océans? Selon le dernier rapport de Greenpeace publié la semaine dernière, beaucoup de choses. Au Canada, plus de 60 % des poissons et fruits de mer sont vendus dans le marché de détail, notamment les épiceries, et comme les océans sont dans un état lamentable, il y a un lien qu’on ne peut plus ignorer.
D’après l’ONU, 75 % des stocks de poissons sont exploités ou surexploités. Ce n’est pas rien, surtout quand on sait que le poisson est la principale source de protéine pour près d’un milliard d’êtres humains. Et avec la crise alimentaire qui sévit en ce moment, on ne peut pas se permettre de laisser aller les choses. Greenpeace a donc établi une liste rouge de 15 espèces qui sont en danger ou dont la méthode de pêche ou d’élevage peut mettre en danger d’autres espèces et certains écosystèmes, et invite les supermarchés à les retirer de leurs rayons et à se doter de politiques d’approvisionnement en poissons et fruits de mer durables.
Ça peut sembler irréaliste. Pourtant plusieurs pays d’Europe l’ont fait, et l’expérience s’est avérée très fructueuse. Après que les plus gros détaillants ont accepté et appliqué ces recommandations, le Royaume-Uni vu les ventes de poissons et fruits de mer durables quadrupler dans les trois dernières années. Et la Suède a obtenu l’engagement de ses six plus importantes chaînes de supermarchés de retirer toutes les espèces «rouges».
Et nous? C’est certain, nos choix de consommation ont également un impact sur la santé des océans. Pour une fois, on avait l’impression de bien manger parce qu’on achetait du poisson. On se rend maintenant compte que la situation est loin d’être aussi simple.
L’idée n’est pas de dire aux gens de ne plus manger de poisson ou de fruits de mer, mais de le faire différemment et de façon responsable. L’effondrement des stocks de morue de l’Atlantique nous a permis, je l’espère, de constater l’impact que peut avoir la surpêche tant sur les stocks de poisson que sur les communautés côtières. Nous avons maintenant un outil de plus pour éviter que ce genre de catastrophe se produise à nouveau.