Des «Casques verts» pour les changements climatiques?
À l’initiative de l’Allemagne, les 192 pays représentés aux Nations unies ont récemment engagé un débat sur les problèmes de sécurité mondiale engendrés par le réchauffement climatique. On cherchait à déterminer si le Conseil de sécurité, l’organe suprême de l’Organisation des Nations unies (ONU), devait s’occuper du dossier des changements climatiques.
Les divers pays n’ont pas réussi à dégager un consensus, mais la discussion se poursuivra à Durban, en Afrique du Sud. C’est là que se tiendra, en décembre prochain, la prochaine conférence de l’ONU sur le climat.
Comme son nom l’indique, le Conseil de sécurité s’occupe des affaires relatives à la sécurité, c’est-à-dire des missions de paix ou des interventions contre des pays qui auraient transgressé les règles du droit international. Jusqu’ici, la question du climat a été traitée au sein d’un autre organisme de l’ONU: la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Il en a également été question à l’Assemblée générale.
Au cours du débat, les représentants des États insulaires (formés d’une ou de plusieurs îles) ont fait valoir qu’avec la montée des océans, c’est non seulement leur sécurité, mais leur existence même qui est menacée.
Le réchauffement climatique fait monter le niveau des océans en provoquant la fonte des calottes glaciaires et en élevant la température des océans. En effet, une eau plus chaude occupe plus de volume que la même quantité d’eau plus froide.
C’est ce qu’on appelle le phénomène d’expansion thermique des océans. Si les émissions de GES ne sont pas réduites radicalement, les températures pourraient augmenter de 2 à 4 °C d’ici la fin du siècle. Cela pourrait provoquer une hausse du niveau des océans de 20 à 60 cm et forcer le déplacement de 200 millions de personnes qui vivent sur les côtes.
D’autres États ont aussi souligné que le réchauffement climatique risque de provoquer des pénuries d’eau douce. Or, pas moins de 145 pays partagent des rivières et des lacs. Que va-t-il arriver quand la demande en eau dépassera la capacité d’approvisionnement dans une région donnée? Les pays en question risquent-ils de s’affronter pour avoir accès à de l’eau potable?
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pris position en faveur d’une extension du champ d’action de l’ONU aux conflits environnementaux; il estime en effet que les changements climatiques sont une menace pour la paix et la sécurité mondiales.