Une nouvelle arme pour Québec
En vertu d’un règlement adopté la semaine dernière, l’ad-ministration québécoise met en place les conditions pour établir dès 2013 un marché du carbo-ne sur son territoire. Cette initiative constitue une carte de plus dans le jeu du Québec pour atteindre son objectif de réduction des émissions de GES de 20 % d’ici 2020 (sur la base du niveau enregistré en 1990), le plus ambitieux en Amérique du Nord.
Dès 2013, Québec imposera un plafond d’émissions à toute entreprise industrielle en activité sur le territoire québécois qui émet 25 000 tonnes de CO2 par année ou plus. Par la suite, le plafond d’émissions sera abaissé chaque année, forçant ainsi les entreprises à réduire leurs émissions. Les compagnies qui réaliseront des réductions plus importantes que celles imposées par le plan se verront décerner des «crédits carbone». Ces crédits pourront être vendus sur le marché aux entreprises qui ont dépassé leur plafond d’émissions. C’est un système intéressant dans la mesure où les performants seront récompensés et où il en coûtera aux retardataires.
2015 sera une année charnière parce que le secteur des transports et de l’immobilier devront entrer dans la danse. En 2011, les transports sont responsables de 43 % des émissions totales du Québec. Celles-ci ont progressé de presque 30 % de 1990 à 2008.
Un certain nombre d’états aux États-Unis et de provinces au Canada travaillent à mettre sur pied un système analogue. C’est le cas du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, de la Californie et de cinq autres États. Dans l’est des États-Unis, il existe un autre regroupement de neuf États travaillant dans le même sens.
La compagnie québécoise Cascade, qui a réduit ses émissions de 40 % depuis 1990 (mille bravos!) se dit déçue que le système québécois ne reconnaisse pas les efforts qui ont été faits dans le passé.
Effectivement, il aurait été impossible de reconnaître ces réductions sans rendre le systéme complètement inneficace. De plus, plusieurs des entreprises ayant réduit leurs émissions dans le passé ont déjà bénéficiés de plusieurs avantages dont la réduction de leur facture d’énergie.