Le Japon «fait hara-kiri» au protocole de Kyoto
Mardi, j’avais promis de vous parler du Canada, mais j’ai changé d’idée.
Un ami m’a déjà dit : «À l’ONU, on se presse à petits pas». Après 15 années de participation aux négociations de l’ONU sur les changements climatiques, je conclus que mon ami avait pas mal raison.
Bien sûr, l’ONU est une grosse machine et, comme dans le cas de toutes les grosses machines, l’organisation a sa part de lourdeur bureaucratique; même si ce n’est pas l’idéal, il faut apprendre à composer avec cet état de fait.
Il arrive cependant des moments où les choses peuvent aller vite et même basculer sans que personne ne l’ait vu venir.
C’est la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés tard en fin de soirée lundi. Les représentants du Japon ont déclaré que le pays du Soleil levant ne veut pas d’une seconde période d’engagement au protocole de Kyoto. Officiellement, la première période d’engagement du procotole prend fin en 2012. En 1997, au moment de la signature, cela était clair; comme il était clair qu’il devait y avoir une suite après 2012, soit une deuxième et ensuite une troisième «période d’engagement». Ironie de l’histoire, c’est précisément au Japon que s’est négocié le protocole.
Par cette déclaration, le délégué japonais a pour ainsi dire cloué ce qui s’avérera peut-être le premier clou dans le cercueil du protocole de Kyoto.
Plusieurs pays trouvent le protocole de Kyoto trop contraignant, contraignant au sens légal du terme. Dans le cadre qu’il définit, les pays riches doivent prendre des engagements de réduction de leurs émissions et les réaliser sous peine de sanctions.
Le sommet de Copenhague, l’année dernière, a accouché d’une autre entente, volontaire celle-là. C’est une de déclaration en vertu de laquelle les grands émetteurs de GES de la planète se sont engagés à tout faire pour limiter la hausse des températures mondiales à 20C. Toutefois, il n’y a aucune obligation qui découle de cette déclaration sinon celle de rapporter à l’ONU les engagements de réduction de GES; aucune sanction n’est prévue. On a donc là une situation beaucoup moins contraignante, ce qui fait un peu beaucoup l’affaire de plusieurs des grands pollueurs de la planète que sont les États-Unis, le Japon, le Canada et quelques autres.
Nous assistons donc peut-être à l’agonie de ce qui a été le symbole de la lutte aux changements climatiques au cours de la dernière décennie.
Je vous tiens au courant!