Le G8 échoue sur la question des changements climatiques
Steven Guilbeault est à Toronto à l’occasion du G20. Il nous présente
chaque jour ses réflexions.
Une large coalition de groupes écologistes canadiens et internationaux a
unanimement condamné le manque de progrès des leaders du G8 sur la
question des
changements climatiques.
Le communiqué final du G8 contient 4 paragraphes sur les changements climatiques, probablement beaucoup plus que ce que Stephen Harper aurait souhaité, mais en termes de contenu, ce n’est ni plus ni moins que du copié-collé de la rencontre du G8 l’an passé en Italie.
Alors que les chefs d’États du G8 parlent de l’importance d’une économie faible en carbone, les seules technologies auxquelles ils font spécifiquement référence sont le nucléaire et la capture et le stockage du carbone, deux technologies excessivement dispendieuses. Et dans le cas de la dernière, toujours au stade de la recherche et du développement. Le communiqué final du G8 est pourtant silencieux sur des technologies comme le solaire et l’éolien ou encore l’efficacité énergétique qui constituent pourtant les pierres d’assise de la nouvelle économie verte selon plusieurs rapports internationaux, dont ceux de la banque HSBC, de la Deutsch Bank et de l’Agence internationale de l’énergie.
Pour les groupes écologistes, ce G8 représente une opportunité ratée d’envoyer un signal
clair sur l’importance des changements climatiques, mais également de permettre de donner un second souffle aux négociations internationales sur le climat suite à l’échec de Copenhague.
Le manque de progrès depuis le dernier Sommet du G8 est une indication claire qu’après avoir paralysé toute action pour le climat au Canada dans les quatre dernières années, le gouvernement Harper a réussi à faire de même au sein du G8. Selon un sondage rendu public hier, les trois-quarts des Canadiens demandent du leadership de la part du Canada. C’est le temps pour le gouvernement Harper de livrer la marchandise.