De l'huile sur le bas de laine des Québécois
La Caisse de dépôt et placement du Québec investit dans des entreprises qui fabriquent des mines antipersonnel et dans d’autres qui fabriquent des composants d’armes nucléaires, rapporte le journal Les Affaires. L’investissement dans les industries de l’armement a été porté à 100 M$ en 2009. Selon la même source, la Caisse investit également chez les fabricants de cigarettes et augmente ses placements dans le charbon et les sables bitumineux!
Chargée d’expliquer la chose, une responsable de la Caisse répond que celle-ci s’est bel et bien dotée d’une politique d’investissement responsable, mais qu’elle ne procède pas à l’exclusion des titres sur la base de sa politique!
À quoi sert-il d’avoir une politique d’investissement responsable si cela n’entraîne aucune décision conséquente? Le responsable en question laisse entendre que, en détenant des actions dans ces entreprises, la Caisse se donne les moyens d’influencer leurs décisions de l’intérieur. Si c’est le cas, il faudrait nous parler des gestes que la Caisse a posés dans ce sens.
En attendant, j’aimerais rappeler que la communauté internationale a ratifié un traité qui interdit les mines antipersonnel, que le Canada est signataire de ce traité et qu’il en a même été le principal initiateur. Le Landmine Monitor Report rapporte que les mines antipersonnel ont tué ou blessé 5 426 personnes dans d’anciennes zones de conflit, après la fin des combats. Le nombre de victimes innocentes est sans doute beaucoup plus élevé.
Quant au tabac, on sait maintenant qu’il est la cause d’une véritable explosion des cancers du poumon chez les femmes, qui ont délogé les hommes au premier rang des victimes. L’exploitation des sables bitumineux est responsable, à elle seule, du dixième de l’augmentation de 29 % des émissions canadiennes depuis 1990. En tant que signataire du Protocole de Kyoto, le Canada a l’obligation de réduire ses émissions de 6 % entre 1990 et 2012.
La politique selon laquelle «le malheur des uns fait le bonheur des autres» semble bien être celle qui sert de guide à la Caisse dans les cas cités par le journal Les Affaires. C’est tout à fait inacceptable.