Paradis perdu: À la croisée de l'art et de l'écologie
À la suite de la première, jeudi dernier, du spectacle Paradis perdu, beaucoup de bien ainsi que de nombreuses critiques ont été dits. Quoi qu’il en soit, la contribution des créateurs Dominic Champagne et Jean Lemire est importante. Paradis perdu met en scène un homme soldat, dernier survivant sur une planète totalement dévastée par les conflits et la destruction environnementale. Dur!
La magie de l’art fait en sorte qu’il lui est offert de repartir à neuf, de refaire le monde; c’est une métaphore sur la force de la vie, ce qu’on appelle la résilience, la capacité de rebondir. La scénographie, les effets visuels 3D, la sono et la musique de Daniel Bélanger contribuent puissamment à cette renaissance magnifique où la vie et la beauté reprennent leurs droits. Malgré toute cette magnificence, notre héros demeurera toujours habité par son côté sombre, ce que l’on pourrait appeler son instinct de mort.
Le courage des créateurs
Si on veut bien rendre à César ce qui appartient à César, il faut souligner le courage qu’il a fallu pour créer cette ouvre. Surtout pour évoquer ce qui, ultimement, pourrait nous pendre au bout du nez. Dans notre for intérieur, ne savons-nous pas que la destruction environnementale à vitesse grand V ne pourra se poursuivre indéfiniment?
Dominic Champagne affirme sur toutes les tribunes qu’il n’est ni pessimiste, ni catastrophiste, mais qu’il sent le besoin de dire certaines choses qui ne sont pas forcément jolies à entendre et à voir. Bravo! Ce n’est pas tous les jours que la création artistique aborde de front les questions environnementales les plus difficiles qui se posent à nous. Paradis perdu est l’une de ces créations qu’il faut saluer bien bas, tout en souhaitant qu’elle en inspire d’autres.