Bonaventure: Le bébé et l'eau du bain
Vous connaissez comme moi le populaire dicton selon laquelle il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. À mon avis, cette maxime s’applique on ne peut mieux au projet de transformation d’une portion de l’autoroute Bonaventure en boulevard urbain.
La proposition de la Société du Havre, qui est actuellement sur la table, vise une section longue de un kilomètre, située entre le canal Lachine et la rue Saint-Jacques. La transformation de l’autoroute en boulevard urbain ouvrirait la voie à un grand projet de réaménagement urbain de plus de 1,5 G$ : le quartier Bonaventure. Nathalie Collard, éditorialiste au quotidien La Presse, parle «d’aménager une entrée de ville digne de ce nom».
Ce réaménagement implique de modifier le trajet des autobus qui empruntent le couloir réservé du pont Champlain, en provenance et en direction de la Rive-Sud de Montréal. On parle de 1 600 autobus par jour. Tout le monde ou presque est d’accord pour se débarrasser dans les meilleurs délais de la portion visée de l’autoroute Bonaventure.
Ce qui fait l’objet de débats cependant, c’est le trajet alternatif que les 1 600 autobus devront emprunter. La proposition mise de l’avant est loin de faire l’unanimité. Et la Société du Havre semble tenir mordicus à son trajet alternatif. Il y a autour de cette question une certaine crispation qui risque de retarder indûment ou même de compromettre le projet.
Le temps de la contestation
Il serait grand temps que toutes les parties concernées réaffirment avec force leur attachement ainsi que leur appui au projet de boulevard urbain. Cet engagement renouvelé pourrait fournir à tous les assises, la cohésion et l’état d’esprit nécessaire pour faire débloquer le chapitre du trajet des autobus.
Il serait également grand temps que le gouvernement du Québec cesse de tergiverser dans le dossier du SLR – système léger sur rail – entre le centre-ville et la Rive-Sud de Montréal. Ce projet, qui emprunterait l’estacade du pont Champlain, traîne depuis des dizaines d’années. S’il était débloqué, il réglerait sur-le-champ la question du trajet des autobus qui constitue une épine au pied de la Société du Havre dans le dossier de l’autoroute Bonaventure. Qu’attend-il donc?