Copenhague : Et si Yogi Berra avait raison…
Vous connaissez sans doute la célèbre phrase du fantastique joueur et entraîneur des Yankees de New York : «Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini.» Sur le chemin de Copenhague, la route est difficile. Surprenant? À mon avis, pas vraiment. Ma participation au long et difficile processus qui a mené au protocole de Kyoto m’a appris que, dans ces circonstances, la ténacité et la plus grande patience sont de mise. En effet, j’étais à Kyoto en 1997, et moins de 48 heures avant l’entente historique, presque personne ne croyait la chose possible. Pourtant, elle a été conclue. C’est pourquoi la fameuse citation de Berra est de mise.
Deux enjeux majeurs
Douze ans après Kyoto, si on veut bien se rappeler ce qui est en jeu à Copenhague, on conclura qu’il est un peu normal que le processus soit laborieux. Au risque de me répéter, deux enjeux majeurs y occupent l’avant de la scène.
D’abord, la diminution importante des émissions de GES des pays développés, bien entendu, mais également des grands pays émergents (la Chine, l’Inde, le Brésil.) Ensuite, la justice climatique. Depuis 1850, les pays riches, bien qu’ils ne représentent que 20 % de la population mondiale, ont relâché dans l’atmosphère 60 % de tous les GES. La Chine, seulement 8 %! Si on veut une justice climatique, il faut aider les plus pauvres, qui, dans bien des cas seront les plus touchés alors qu’ils ont très peu contribué au réchauffement.
Bref, ce dont on parle à Copenhague, c’est de «refaire le monde» en s’appuyant sur des tendances complètement nouvelles d’un point de vue historique. Par exemple, en 2008, pour la première fois de l’histoire, les investissements dans les énergies faiblement émettrices de GES ont surpassé ceux réalisés dans les énergies fossiles : 140 G$ pour les énergies propres contre 110 G$ pour les énergies polluantes. Dans cette entreprise, on aurait intérêt à ne jamais oublier Yogi Berra : «Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini.»