S'aider soi-même

C’est de Barcelone que je vous envoie ce billet. C’est ici que s’est déroulée, du 2 au 6 novembre, la dernière ronde de négociations sur le climat avant la grande conférence de Copenhague de décembre.

Au cour des débats de la semaine : l’aide que les pays riches devraient apporter aux pays en développement dans la lutte aux changements climatiques.

Le montant de cette aide nécessaire est connu : 100 G$US par année pour la période 2013-2020. C’est le montant avancé et défendu par le premier ministre de la Grande-Bretagne, Gordon Brown.

Ce montant, c’est à la fois beaucoup et très peu d’argent à la fois. Beaucoup : le budget annuel du gouvernement du Québec est d’environ 65 G$. Très peu : 100 G$US d’aide annuelle, c’est, croyez-le ou non, un quart de 1 % de toute la richesse annuelle des pays riches.

Pourquoi une aide?
La question reste posée : pourquoi les pays riches devraient-ils aider les plus pauvres dans la lutte aux changements climatiques? D’abord pour une question de justice et d’équité : depuis 1850, les pays riches ont émis 80 % de tous les GES présents aujourd’hui dans l’atmosphère et qui causent le réchauffement climatique. Aujourd’hui, ce sont les pays pauvres qui subissent le pire des conséquences du réchauffement.

Ensuite, parce que c’est dans notre propre intérêt. Il faut absolument éviter un réchauffement de plus de 2 oC, sans quoi nous risquons un emballement incontrôlable du climat avec des conséquences catastrophiques pour tout le monde.

Or, il est absolument impossible pour les pays riches de contenir à eux seuls le réchauffement à l’intérieur de ces limites, pour la simple et bonne raison que les pays pauvres comptent la grande majorité de la population mondiale qui aspire, elle aussi, à une meilleure qualité de vie.

C’est pourquoi j’affirme que l’aide des riches aux pauvres n’est pas exclusivement un acte de charité. C’est également un geste pour nous protéger nous-mêmes contre les pires conséquences du réchauffement climatique.

Qu’on le veuille non, sur le vaisseau Planète Terre, nous-mêmes, c’est les autres, et les autres, c’est nous aussi!

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