Penser grand, penser vert
L’expression n’est pas de moi, vous vous en doutez bien; elle est de nul autre qu’Elvis Gratton. Le fameux et inoubliable personnage du film du même nom nous le répète à qui mieux mieux : «Think big!»
Je parierais ma chemise qu’Elvis n’aurait pu deviner que son slogan irait comme un gant à la situation actuelle de crise financière, économique et écologique. En d’autres termes, pour sortir de la crise actuelle, il faut regarder loin, «penser grand», comme dirait Elvis.
Tout le monde semble comprendre ça. Barack Obama l’a compris, lui qui, dans son plan de relance économique, consacre des centaines de milliards aux secteurs porteurs de l’énergie verte, des économies d’énergie et des infrastructures vertes.
Le Japon l’a compris également puisqu’il vient d’annoncer un plan de relance tablant sur les priorités suivantes : cheminement vers une société émettant peu de carbone, encouragements à l’investissement dans les installations économes en énergie, promotion de technologies peu polluantes. Parmi les mesures annoncées, citons les 1 698 euros (2 700 $) d’aide à chaque foyer qui s’équipera d’une installation solaire. Le pays du Soleil Levant souhaite ainsi multiplier par 10, d’ici 2030, la production d’électricité d’origine solaire par les foyers.
Et le Canada?
J’ai bien dit : «Tout le monde semble comprendre ça.» Tout le monde? Non, il reste toujours un pays gouverné par d’irréductibles conservateurs qui résistent encore et toujours au bon sens. Stephen Harper a consacré dans son dernier budget six fois moins, proportionnellement, à l’économie verte du futur que nos voisins du sud!
Stephen Harper aime bien se donner l’image de quel-qu’un qui comprend les Québécois. Mais, de toute évidence, il ne comprend rien à ce que nous dit Elvis Gratton.
En fait, Stephen Harper fait semblant. En réalité, le langage qu’il comprend vite et bien, c’est sans aucun doute celui des pétrolières de l’ouest et celui rattaché à un type de développement qui était en vogue au… siècle dernier. Ce développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles et la revitalisation de certains secteurs moribonds de l’économie.