Violence conjugale et intrafamiliale : la prévention autrement
Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, la violence conjugale et intrafamiliale demeure un sujet tabou. Afin d’ouvrir le dialogue avec la communauté et de parler de prévention, les postes de quartier 45 et 46 ont organisé la journée « Miroir, miroir, dis-moi …? ».
Le but de l’activité? Sortir des sentiers battus et traiter le sujet autrement. Au lieu de s’en tenir aux interminables statistiques, les organisateurs ont plutôt décidé d’aborder le thème de l’estime de soi.
« Si tu as une bonne estime de toi, tu es moins susceptible d’être une victime ou si tu l’es, tu as plus de chance d’aller chercher de l’aide. On propose une activité pour que les gens prennent conscience des routines et des chaînes de pensées qu’ils ont et qui font qu’ils ont une mauvaise image d’eux-mêmes », explique l’agente sociocommunautaire du PDQ 46 à l’origine du projet, Josée Laganière.
Outre le visionnement du documentaire « Traverser la peur », l’activité proposait une conférence animée par le vulgarisateur d’envergure internationale, Carol Allain. Loin d’être une présentation magistrale traditionnelle, la « performance » de M. Allain s’apparentait à un spectacle d’humour.
À plusieurs reprises, les quelque 200 participants ont ri à gorge déployée lorsqu’ils se sont reconnus dans les imitations de celui qui ressemble à s’y méprendre à l’humoriste André Sauvé.
« On a déstabilisé les gens et on en est content. C’est exactement ça qu’on voulait : amener le sujet d’une manière différente », confie la policière, sur un ton enjoué qui laisse transparaître sa satisfaction.
Selon elle, il est important de sensibiliser la population au problème de la violence conjugale et intrafamiliale et insiste sur le fait qu’il faut constamment renouveler les façons de livrer le message.
« La violence conjugale, il y en a beaucoup. En moyenne, avant qu’une femme ne communique avec le 911 pour un cas de violence, elle a subi 41 crises. Ça touche toutes les strates de la société et il faut dénoncer ces incidents. On a souvent parlé des victimes, mais on oublie souvent les enfants qui en sont les témoins.
« Il faut voir les problèmes d’une façon différente. On a tendance à faire des programmes de prévention et de les utiliser pendant 10 ans. Un plan de prévention, c’est bon deux ou trois ans. Après ça, il faut ensuite le changer. On est tellement pris dans nos routines, mais il faut faire les choses autrement si on veut intéresser les gens et les mobiliser », fait-elle valoir.
Événement rassembleur
Alors que l’événement devait uniquement être présenté à une cinquantaine d’Angevins, ils étaient près de 200 personnes, provenant de l’est de la métropole à avoir pris part à l’activité.
Des représentants des postes de quartier 23 (Hochelaga), 48 (Mercier), 49 (Pointe-aux-Trembles), 45 (Rivière-des-Prairies), 40 (Montréal-Nord) et 42 (Saint-Léonard), ainsi que des représentants de différents organismes communautaires ont assisté à l’événement.
« On leur a envoyé des billets (aux PDQ) qui étaient destinés à la population, car on ne voulait pas avoir une salle remplie de policiers », confie Mme Laganière.
Mission accomplie. Une foule présente hétérogène, composée d’hommes et des femmes de tous âges et de toutes les origines, remplissait la salle du centre Roger-Rousseau.