Un fraudeur actif dans MHM
Lorsqu’elle rencontre son éventuel locataire, la dame décide de lui faire confiance. Il lui mentionne qu’il a un emploi, ce qu’elle vérifie, et l’homme lui semble honnête.
Elle ne pousse pas plus loin les vérifications. Elle souhaite plutôt entretenir de bonnes relations avec les gens.
« Je n’ai qu’un immeuble et c’est tout récent. Pour moi, le monde de l’immobilier n’est pas une business. Je préfère de loin les relations cordiales. Il y a de mauvais locataires et des mauvais propriétaires. Je ne voulais pas figurer dans cette catégorie », souligne-t-elle.
Le locataire emménage au mois de novembre 2011. Dès les premiers mois, la situation se corse. Il ne paie pas le loyer et invente diverses excuses pour se justifier. La propriétaire a tout entendu : décès dans la famille, sa fille doit accoucher, CSST qui lui doit de l’argent, etc.
Malgré tout, elle continue de faire preuve de patience. Lorsqu’elle atteint ses limites et décide d’entreprendre des démarches d’expulsion auprès de la Régie du logement, son locataire lui doit alors le loyer des mois de décembre, janvier, février et mars. C’est donc dire qu’il n’a payé que le premier mois.
Mme Laurin est entendue à la Régie du logement en mars et elle a gain de cause. Elle obtient un jugement d’expulsion.
Son locataire continue de l’amadouer par de belles promesses. Il lui fait miroiter qu’il paiera ce qu’il lui doit. Ne se résignant pas à l’expulser dans le froid, elle lui donne une énième chance.
Ce n’est que plus tard qu’elle apprendra que l’homme n’en est pas à ses premiers démêlés. Il est bien connu à la Régie du logement. En fait, Mme Laurin est sa dixième victime. L’individu doit plus de 15 000 $ en loyers impayés à d’anciens propriétaires, tous du secteur de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Laurin est amère. Elle est d’avis que des modifications doivent être apportées au système.
Des locataires qui se moquent aussi facilement des propriétaires, ça n’a pas de sens, estime-t-elle. Et qui en plus récidive sans cesse comme si de rien n’était! Ça prendrait une meilleure transparence de l’information et des mesures pour les dissuader d’agir ainsi.
Dans son cas, la situation est maintenant chose du passé. Elle a fait une croix sur l’argent qui lui est dû et le mauvais locataire a été expulsé. Avec les frais encourus dans les démarches (huissier et serrurier), elle a perdu plus de 3000 $ dans cette histoire.