La désindustrialisation du secteur manufacturier inquiète

Vision Montréal réclame des interventions musclées de la Ville de Montréal pour permettre une relance du secteur manufacturier et des gestes concrets pour l’est de la métropole.

Selon les dernières compilations de Statistiques Canada, Montréal a perdu 2277 entreprises de fabrications, leur nombre passant de 5941 en 2000 à 3664 en 2011.

Durant cette période, l’emploi a aussi connu une chute dans ce secteur de la fabrication avec une perte de 61 700 emplois, ce qui représente une diminution de 40 %.

« Le nombre de grues dans le ciel de Montréal pour construire des hôpitaux, des condos et des tours de bureaux doit cesser de masquer la désindustrialisation galopante et les pertes d’emplois dans le secteur de la fabrication », a déclaré Louise Harel, chef de Vision Montréal, lors d’un point de presse tenu dans l’est de Montréal, un secteur particulièrement touché.

Pour remédier à la situation, la formation politique propose certaines actions. En premier lieu, elle souhaite tenir un Forum sur l’emploi industriel qui regrouperait le gouvernement du Québec et tous les partenaires socioéconomiques.

L’initiative permettrait d’établir des orientations claires et de proposer des projets structurants consensuels en travaillant tous main dans la main.

Le potentiel de développement est là, estime Mme Harel. Ce sont les moyens qui sont déficients. Cinq parcs industriels de l’Est de Montréal ont toujours une desserte incomplète en aqueduc et égout.

La situation est connue depuis le dépôt, en octobre 2010, du rapport de la Commission d’agglomération sur le développement économique. Pourtant, rien ne bouge et l’administration Tremblay poursuit son inaction, déplore-t-elle.

Les terrains contaminés sont également un frein majeur. Ces espaces sont nombreux. Le programme ClimatSol, qui devait réhabiliter ces terrains, n’a pas atteint ses objectifs et se doit d’être bonifié, selon Mme Harel.

En 2009, le rapport de la Commission portant sur les terrains contaminés à Montréal estimait les besoins à 800 M$ pour une superficie de 20 millions de mètres carrés, l’équivalent de 6 % de la superficie de la Ville.

Les besoins dépassent largement les enveloppes budgétaires accordées. Le programme limite les subventions à 1 M$ par projet.

« Juste pour le boulevard de l’Assomption, dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, la superficie des terrains entre la rue Sherbrooke et l’avenue Pierre-de-Coubertin est de 54 000 mètres carrés et 40 % de ces terrains sont contaminés.

« Il y a également les anciens terrains de la Canadian Steel Foundries, qui représente une superficie de plus de 3 500 000 pieds carrés. Ces projets sont primordiaux pour l’arrondissement. Ils permettraient une vaste revitalisation du secteur en plus de créer de nombreux emplois. Ils permettraient d’offrir du travail aux 101 100 chômeurs montréalais », indique Réal Ménard, maire de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.

Le prolongement du boulevard de l’Assomption, le désenclavement des terrains en friche et la décontamination représentent un investissement de l’ordre de 350 M$.

La Ville de Montréal ne peut tout assumer à elle seule, admet Mme Harel. Le nouveau ministre de la Métropole, qui sera connu prochainement, sera interpellé.

« L’administration Tremblay a cependant l’obligation de dévoiler sa Politique de développement industriel, chapitre toujours manquant de sa Stratégie de développement économique 2011-2017. »

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