On est beaux debout

J’aime ça. J’aime ça quand le monde se lève debout. Avez-vous déjà remarqué qu’on est plus beaux debout? Assis, ya des plis qui apparaissent, une ‘tite courbe dans le dos, mais debout! On devient élégants! Comme des paons avec des monocles.

Le Barreau s’est levé debout vendredi. C’était beau. Je ne sais pas si ça va en fin de compte vraiment faire tomber le château de voleurs. Mais chaque fois que des gens lucides disent : «Non, c’est assez», je festoie! Je mets de la musique, je sors le buffet, je mets du rouge à lèvres et je danse!

Pour ceux qui ne sont pas au courant, je vais faire le bon journaliste. La commission d’enquête de marque «sans nom» proposée par Charest a été refusée par le Barreau. Pas juste refusée. Les membres du conseil étaient «indignés» par la demande broche à foin du grand ma-nitou Charest. Ça, mes amis, c’est un petit pas pour la vérité, un grand pas pour la société. Ça donne confiance, nous donne confiance. Ça nous rend moins seuls, moins fous de douter, d’être tannés.

Avez-vous remarqué que c’est pas mal ça, la clé de chaque révolution? Le contraire de l’isolement, du «j’suis tout seul à penser ça». Plus y a de monde qui se tient debout, plus ça donne la force à d’autres de se lever. Et s’en suit une vague, comme au Centre Bell quand le Canadien joue bien… ou autre exemple plus actuel.

Le Québécois n’aime pas la chicane, c’est connu. Il aime faire confiance aveuglément, croire aux bonnes valeurs, aux bonnes intentions. Se sent même coupable de douter, de chercher la vérité. Un restant judéo-chrétien, comme le dit l’ami Guillaume Wagner. On est sortis de l’Église, mais l’Église n’est pas tout à fait sortie de nous.

C’est noble de faire confiance, mais dans un monde de rapaces, c’est dangereux. Dans le temps du règne de Mom Boucher, je me souviens que les médias disaient qu’il avait la sympathie du public. Charismatique, drôle, en contrôle, souriant. Imaginez : si un criminel évident au sens le plus pur possible peut réussir à séduire l’opinion publique avec ces ingrédients, un voleur diplômé à cravate peut sûrement la manipuler encore plus!

Faut arrêter d’être dupes. Faut pas avoir peur de creuser, de se battre, de dire : «Non. C’est assez.» On est beaux debout! Avec ou sans rouge à lèvres.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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