Amour, drogue et Rock'n'Roll
Cet été, on a célébré! On a célébré quoi? Les 42 ans de Woodstock. La question : pourquoi?
Sur Wikipédia, y a jamais eu les 34 ans de l’ouverture d’un dépanneur sur Bleury. On ne fête pas les 12 ans de la fois qu’un Denis a pêché une grosse truite, l’a empaillée, puis l’a appelée Gisèle, le nom de son ex-femme.
En général, on souligne ou on «célèbre» ce qui est marquant. J’ai mis célèbre entre guillemets, parce qu’en général, les tragédies comme le 11 septembre, la Deuxième Guerre mondiale, ça se souligne, mais ça fait pas lever un party. Bon, sauf pour certaines personnes dans certains pays.
Donc, on souligne des évènements marquants pour l’époque, la civilisation x. Pourquoi Woodstock? On en a même fait un bébé juste ici en Beauce. Mais qu’est-ce qu’il y a à célébrer? Les moustaches? La bonne musique? Les fleurs dans les cheveux? Les jeans tight? Après tout, c’était juste quatre jours de show. On en revient.
Eh bien non. Voici pourquoi on n’en revient pas et que, j’espère, on n’en reviendra jamais.
Woodstock, c’était, selon le tit-cul de 28 ans qui n’était même pas né, le coït, la cerise d’une vision, d’un mode de vie, d’une union. La machine, étant ce qu’elle est, a un tit-peu brouillé la patente en chemin. Mais l’idée était bonne. Et dans l’histoire, pas une invention n’a été le fruit d’une seule personne, et surtout, n’a fonctionné du premier coup.
C’est toujours : «Un tel a eu une idée… 50 ans plus tard, un autre tel a continué les travaux du premier tel… 100 ans plus tard, dans un autre pays, un tel a pris l’idée du premier tel, fusionné sa vision, sa technologie aux travaux du deuxième tel et… BANG! L’ampoule, l’avion, le téléphone, le poisson empaillé qui chante YMCA est né!
Ce qui s’est passé cette fin de semaine d’août 1969, c’était une idée, une maudite bonne idée. Faut pas la laisser tomber.
Y a quelques semaines, cette vision de paix a été entachée sur une petite île en Norvège. Mais le premier ministre a été bien clair : «J’ai un message pour ceux qui nous ont attaqués. C’est un message de toute la Norvège : vous ne détruirez pas notre démocratie et notre engagement pour un monde meilleur.»
Oui, Woodstock, c’était de la maudite bonne musique, de la bonne drogue, du bon sexe… sûrement, je sais pas, j’étais pas là. Mais ce qu’on célèbre, ce qu’il vaut la peine de se rappeler, selon moi, c’est l’idée. The show most go on. D’ici jusqu’en Norvège.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.