Maison sweet maison

Je suis un magicien. Ces dernières semaines, vous avez lu mes chroniques, mais j’étais en France. J’avais trois semaines de vacances. J’ai donc écrit mes chroniques d’avance et je suis parti. Tadam!

Comment sont les Français? Est-ce que j’ai pris l’accent? Disons que je me forçais un peu. Pas par honte de l’accent québécois, mais plus par un dégoût de la répétition. J’hais ça répéter. J’ai bien défendu le Québec. Bonnes discussions, mais surtout, bon pudding chômeur. J’en ai fait cinq! Un hit à chaque fois! Je ne comprends pas pourquoi on n’en sert plus dans les restaurants ici. C’est tellement bon.

Les Français envient souvent les paysages du Québec et la vie sauvage. Je ne veux pas cracher sur ma maison, mais… en tout cas, l’été, ils n’ont rien à envier. J’ai traversé pratiquement d’un bout à l’autre le pays, du sud au nord en voiture. Des montagnes, des champs, des châteaux en ruines, tout ça de la même fenêtre, sur le même kilomètre. Oh! Et j’ai vu cinq chevreuils et deux lièvres. En 28 ans au Québec, j’ai vu un chevreuil. OK, on a des lacs. Ça, ça manque en France.

Les clichés. Je n’ai vu personne marcher avec une baguette de pain sous le bras, mais si t’ouvres un frigidaire, ça sent toujours le fromage. Les Français ont l’orgueil des connaissances, nous on a l’orgueil des compétences. Les «Pff! T’es pas capable!?» sont remplacés par les «Putain! Tu sais pas!?» Vous connaissez l’expression «Trop de chefs pas assez d’Indiens»? En France, c’est «Trop d’enseignants pas assez d’étudiants». Mais je généralise trop, bien sûr. Ou peut-être pas tant que ça…

La baguette n’est pas sous le bras, mais elle est certainement sur la table. Un repas français sans baguette, c’est comme une Saint-Jean sans bière, un party de Noël sans manteaux sur un lit. Sans oublier le service de fromage qui pue. J’ai ouvert mon palet et, surprise, c’est pas si pire. J’en ai même mangé avec des bouts bleu pis toute!

La France, c’est le grenier du Québec. Aller en France, c’est ouvrir des coffres remplis de châteaux, d’histoires, de guerres qui nous ont touchés jadis. C’est voir la fleur de lys un peu partout, sans jamais voir de drapeau du Québec. Mais bon, sous le grenier, y’a la maison. Et il n’y a rien comme être à la maison. Heureux d’être de retour parmi vous, parmi nous.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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