Sauvé par l'Ukraine

Anecdote. Lundi passé, je voyais rouge. Mes factures, mon crédit, mon compte, mes contraventions sonnaient l’alarme : «ABANDONNER LE NAVIRE!» Mais tel un vaillant capitaine, j’ai affronté la tempête. Casquette bleue sur la tête, pipe en bouche, gorgé de whisky, j’ai pris les commandes, et j’ai foncé!

Mardi. Victoire! Un spectacle! De l’argent! J’allais pouvoir boucher un des trous dans la coque de mon navire. Je fonce vers le guichet tard le soir. Je glisse ma carte, compose mon NIP, sélectionne «dépôt» et… : «Désolé, le guichet est temporairement hors service.» Tu me fucking niaises!!!! Le guichet meurt là! Dans ma face, avec ma carte dans sa bouche. Moi qui croyais être sauvé, je venais d’être berné, attaqué par une pieuvre géante. Mon navire ne pourrait pas survivre à une autre attaque. Le temps pressait.   

Mercredi. En chemin vers Montréal, j’appelle mon collègue humoriste avec qui j’ai rendez-vous. «Gardez la ligne, Bell vous transfère au service de recouvrement.» AAAAHH! La vague me fouette en plein visage, j’en perds ma pipe. Je raccroche. OK. Pas de panique, je vais aller à une caisse, faire un dépôt, faire descendre mon crédit. Ensuite, je vais pouvoir payer ma facture de cellulaire. Ça sera deux trous de bouchés.

J’entre dans la caisse en trombe, je fonce à l’accueil : «Bonjour madame, j’aurais besoin d’avoir accès à un service caissier.» La sirène me regarde désolé : «Le service caissier est fermé depuis 45 minutes.» NON! Shit! Merde! Mille millions de mille sabords! Mon navire chavire, la fin est proche. Un dernier salut à mon drapeau.

La sirène me murmure alors : «La caisse ukrainienne sur Beaubien ferme à 4 h.» Quoi!? La caisse ukrainienne? Ça existe? Comment ça, les Ukrainiens travaillent jusqu’à 4 h, et nous autres, 2 h? C’est quoi ça!!? Peu importe, pas le temps de faire le smatte, le bateau coule.

J’entre dans la caisse. Un drapeau ukrainien se tient fier dans le coin. Un vieux monsieur se fait servir dans sa langue maternelle. C’est beau, l’ukrainien, j’avais jamais remarqué. La dame, de son français épicé saveur Ukraine, fait toutes les opérations nécessaires. Le crédit baisse, le cellulaire se fait payer. Le navire est sauvé.

Il reste encore quelques fuites, mais la tempête s’est calmée, le temps est plus doux. J’ai replacé ma casquette, repris le cap, et me suis promis deux choses : payer mes ost#$@ de factures à temps… et visiter l’Ukraine.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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