Petits politiciens

Vous avez vu la scène? Pauline Marois qui s’emporte, scande qu’il faut défendre le petit peuple du Québec. Puis arrive la gang des rouges qui sautent sur le double sens du mot et noient le poisson, tuent le débat.

C’était flagrant. Je le sais, le président de l’Assemblée le sait, l’opposition le sait, le concierge de l’Assemblée le sait. La position de Pauline sur le sujet, ses arguments, l’enchaînement de ses propos – si on additionne le tout, au moment où elle parle du fameux «petit peuple», il est CLAIR qu’elle parle de la démographie, du 2 % de francophones en Amérique du Nord. Notre Jean Charest se lève et d’un ton arrogant répond : «Je suis le premier ministre d’un GRAND peuple, monsieur le président!» Puis, tous les ‘tits rouges se lèvent et applaudissent comme des singes, contents de voir leur chef manger une banane.  

Ou bien Jean Charest a un sérieux problème de math et croit que 2 % représente un GRAND nombre, ou bien, il est un être malsain et doit être délogé. Jouer sur le sens des mots en connaissant TRÈS bien le sens que la personne a voulu employer, c’est de la mauvaise foi pure, de la manipulation malsaine. C’est me prendre, te prendre, nous prendre pour des idiots. C’est cracher au visage de la démocratie, de l’éthique, du débat. Bref, cracher dans nos visages.

Admettons que notre premier ministre ait eu un doute sur le sens du mot «petit». Voici comment la suite des choses aurait dû se passer dans un débat entre des GRANDS penseurs. «Pardonnez-moi, qu’est ce que vous entendez par petit peuple?» Et son interlocuteur de répondre : «Eh bien, je parlais bien sûr de petit en nombre. Nous sommes 2 % de francophones en Amérique du Nord, il est donc logique qu’on s’inquiète pour notre culture, notre langue.»  «Ah, d’accord. J’allais faire une bourde et m’emporter sur le sens péjoratif. Parfait. Donc, vous disiez?» S’ensuivrait thé, biscuits et évolution pour tout le monde.

Vous n’êtes pas tanné, comme moi, de ce tournage en rond? De ces accrochages, de ces mises en échec dans le dos? Le hockey est à son plus beau et à son meilleur lorsqu’il est joué dans les règles et le respect du sport. Un débat d’idées dans une supposée démocratie devrait être traité avec le même sérieux. Un politicien donne des réponses évasives, joue sur les mots, fait une attaque personnelle? Out ! On te sort de la game. Pas le temps et pas de place pour les petits politiciens!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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