Hymne à la paresse

Maudit que je suis paresseux! Plusieurs filles se disent que, sortir avec un humoriste, ça doit être le fun, qu’il doit être tout le temps drôle. En effet, quand la télécommande est trop loin et que j’essaie de changer de poste avec mon orteil, j’avoue, c’est funny.

Je peux ne pas manger de la journée, arriver à quatre heures et tout ce que je trouve la force de me faire, c’est des toasts au Nutella. Pire, si je n’ai plus de couteaux propres, je prends une fourchette, puis je me sers du manche. Un génie! Ou un pathétique. J’ai pas encore mis le doigt dessus. Trop forçant, nuancer.

Ironiquement, c’est du travail, être paresseux. Souvent, on pense qu’être paresseux, c’est mettre son cerveau sur off. Au contraire, faut être allumé en maudit. Faut analyser la situation, comparer les éléments, simuler dans sa tête les deux options pour faire le bon choix. «Prendre un couteau sale, faire couler l’eau, trouver la bonne température, prendre du savon à vaisselle, prendre la guenille, laver le couteau, le rincer, fermer l’eau, prendre un linge à vaisselle, essuyer le couteau, remettre le linge à vaisselle sur la barre du four. Tout ça OU utiliser le manche d’une fourchette?» Le choix est évident. C’est même insultant à justifier, tellement c’est évident.

Bien sûr, il ne faut pas être paresseux au point d’être un poids pour la société. Je vous assure, le seul poids chez moi s’accumule dans mon lavabo. Comme pour n’importe quel vice, l’accès au dit vice n’aide jamais le sevrage. Lorsque t’es travailleur automne, s’auto-botter le cul est un combat constant. Heureusement, j’ai un autre défaut aussi fort qui équilibre le tout. Je suis un perfectionniste dans l’âme. Donc, quand j’arrive à me botter le cul, je n’arrête pas tant qu’une lumière divine ait jailli de mon ordi… ou de la demoiselle.

Dans le rythme effréné dans lequel on vit, je dois vous avouer que l’absence de culpabilité lorsqu’on savoure un moment qui ne sert à rien, ça a quelque chose de l’Éden. Vous savez, le jardin auquel on a supposément plus accès à cause de la tannante d’Ève. Eh bien, j’ai trouvé un chemin secret qui y mène. Il se situe quelque part entre la paresse et le Nutella. Je vous y attends. Pas besoin d’amener d’ustensiles, on prendra nos doigts.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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