Parlons de styles

Que portez-vous aujourd’hui? Shorts? Chandail V-neck? Jupe? Jeans taille basse? Long manteau noir en cuir? Salopettes? Mocassins? Chapeau de cow-boy? Ce que je porte pendant que j’écris ces mots? Bof, pas grand-chose. C’est le beau côté de travailler à la maison, la cravate est aussi nécessaire qu’un compas dans un trip à trois.

 J’ai jamais vraiment eu de style particulier. C’est faux; ado, j’en avais un. Peut-être certains d’entre vous avaient le même. C’était très en vogue dans les quartiers pauvres de Montréal. Ça s’appelait «le spécial».  «Wow, c’est nice ce que tu portes! C’est quoi la marque?» « Heee, je sais pas trop, c’était en spécial.»

Merci au marché aux puces Métropolitain (anciennement appelé Cinq étoiles). Tu pouvais acheter une paire de jeans, une radio d’auto, du parfum, un
bouddha de quatre pieds de haut, une cassette country, un gros cadre de New York avec des lumières et, si t’étais chanceux, Ti-Guy Émond faisait un show l’après-midi. Doux souvenirs.

Vous avez peut-être déjà reçu ce commentaire de la part d’un «stylé» : « T’as pas de style? C’est quoi ta personnalité? Moi entk, j’en ai une!» Ce à quoi j’aime répondre : «Ah oui? Tu faisais quoi avant que ton style soit inventé? T’étais couché nu en fotus dans un sous-sol? Tu devais avoir hâte que quelqu’un t’invente une personnalité.»  Le style, selon moi, est un complément de la personnalité, pas son fondement. Mais bon, je suis peut-être dans l’erreur, j’ai pas de lunettes ni de foulard. Quel poids a mon opinion?

À l’école, j’étais le genre qui se promenait d’une gang à l’autre. J’avais assimilé que l’habit ne fait pas le moine, mais, surtout, que l’habit ne fait pas l’ami. J’avais remarqué assez vite que des tatas, y en avait de tous les styles, et que du bon monde, aussi. Je jouais au basket avec les sportifs, je jasais philo, histoire et porno avec les nerds, je dansais avec les pitounes, je faisais le party avec les poteux. Pour chaque gang, chaque style, j’avais mes meilleurs amis. Pour chaque gang, chaque style, j’avais mes ennemis.

Que tu sois couvert de noir ou de fluo, c’est ton style de cerveau qui m’intéresse. La lucidité, l’ouverture d’esprit, la gentillesse, ça ne se cache pas dans un morceau de tissu.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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