Au Diable le menu!
Anecdote. En fin de semaine je voulais me gâter d’un hamburger. Ce qui est bien avec cette phrase, c’est que je crée l’illusion que la semaine, je mange de la salade, du thon et que je fais du jogging. Or, j’ai la gâterie facile : «J’ai écrit deux heures? Chocolat! J’ai fait mon lit? Sac de chips! Je respire? Hamburger!»
Une fois au resto, je reluque le menu, il y a 15 choix différents de hamburgers. Wow! Du choix! J’aime. Sauf que… aucun n’a tout ce que je veux dans le même hamburger. Il y a deux hamburgers qui viennent avec salade, mais ils n’ont pas de tomate. Il y en a un qui vient avec bacon, mais il vient aussi avec un fromage rare qui goûte l’étable. Décidément, on me cherche.
Bref, je dis à la serveuse : «J’aimerais avoir un hamburger avec tomate, salade, fromage cheddar, puis bacon.» Elle regarde dans le menu : «Mais on l’a pas, celui-là.» Moment de silence. «Je sais, j’aimerais que tu le crées, en faisant des mixtes, ou avec des extras.» «Ah, mais je peux pas faire ça, si le choix n’est pas dans le menu, je ne peux pas le rentrer dans le système.» Mon oil s’est mis à sauter.
Peut-être que j’ai trop tendance à me faire aveugler par la simplicité apparente des choses. Ce n’est pas comme si les ingrédients étaient scellés dans une cloche de verre, puis qu’on ne pouvaient y accéder que lorsqu’un choix préétabli dans le menu était sélectionné. Elle est juste là, la salade!!!! Je la vois!! Prends-en une feuille puis mets-la dans le hamburger no7 qui a bacon, tomate, cheddar… mais pas de salade!! Je suis parti… avec une poutine.
J’ai parfois l’impression que dans la vie, des menus comme ça, il y en a plein. Des menus tout faits avec des «choix». Des choix supposés répondre à tous nos goûts, nos besoins, nos intérêts. Mais trop souvent, le meilleur choix, qui pourtant semble être évident, n’est pas dans la liste.
Que ce soit le choix d’un parti, d’un politicien au pouvoir d’un parti, d’une nouvelle loi, on me donne trop souvent l’illusion du «meilleur choix possible». Puis quand on se fâche, qu’on demande une révision du menu, on nous dit poliment : «Désolé, mais si le choix n’est pas dans le menu, on ne peut pas le rentrer dans le système.»