Le voyage, selon Je

Voyager. Pour certains, c’est ze thing! Si tu n’as pas une carte du monde dans ta chambre avec au moins 12 punaises sur des endroits que tu as visités, t’es pas un vrai. Tu ne sais pas c’est quoi vivre. Si tu peux rajouter à ta carte du monde un tam-tam de l’Australie et un p’tit bouddha acheté en Chine, t’es aussi hot que Christophe Colomb. Ou t’es passé au marché aux puces métropolitain, c’est selon.

C’est quand même intriguant que certaines personnes aient un besoin criant de voyager, et d’autres puissent rester assises toute leur vie sur les marches d’un dépanneur, un Mr. Freeze à la main, à regarder les gens passer. Encore plus intriguant, ce sont les peuples qui ne sont jamais sortis, ou même qui n’ont jamais voulu sortir de leur jungle, versus les Français, Italiens, Espagnols, etc., qui sont partis à la découverte du monde. Qui sait, peut-être que les meilleurs Mr. Freeze sont en Amazonie.

(P’tite parenthèse pas très p’tite. Pour ceux qui aiment voyager dans des livres, courez acheter les deux livres de Bruno Blanchet La frousse autour du monde, parus chez La Presse. Je vous défie de ne pas avoir envie de sacrer votre camp après votre lecture.)

Que ce soit pour fuir, découvrir, ou simplement dormir, c’est l’fun, voyager. Ce que j’aime le plus, c’est voir la vision du monde des gens locaux. Me mettre dans leurs souliers, leurs sandales ou leurs traces de pieds nus. C’est comme aller au cinéma entre amis. Le fun commence à la sortie quand tout le monde donne sa vision du film : «C’était un message sur l’enfant abandonné qui devient adulte trop tôt.» «Je trouve que c’était plutôt une métaphore de la quête de la richesse à tout prix.» «Moi, je trouve que c’était juste une bonne comédie, surtout la passe que Macaulay Culkin se met de l’after-shave dans face.»

Les voyages forment la jeunesse, mais semblent former notre vie tout court. Jeune, on s’achète une ‘tite Westfalia qui pue, puis on voyage. Vers 25 ans, la conscience embarque. Il serait temps de penser à l’avenir. Job payante, maison. Alors, l’avenir se fait. Ensuite, la retraite. On fait quoi? On rénove et agrandit la maison. Nos économies y passent. Maintenant trop grande, on vend la maison. Qu’est-ce qu’on fait? On s’achète un gros motorisé, puis on voyage! On prend 30 ans de notre vie à travailler et à économiser de l’argent pour voyager, mais confortablement. Christophe nous trouverait drôles.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.