Tout reste à faire
En fin de semaine, j’étais dans les Beatles. Vous l’aurez deviné. J’ai joué à Rock Band Beatles. Deux semaines de suite où je commence ma chronique en parlant d’un jeu vidéo. La semaine prochaine, je sors dehors, promis.
Ça n’a pas de bon sens, la quantité de mélodies accrocheuses que ces gars ont produites. Aujourd’hui, les compositeurs s’arrachent la tête, font des remix, des rééditions, des covers. Les Beatles auraient pu faire des chansons simples, laisser quelques mélodies accrocheuses pour les autres. Non, ils les ont pratiquement toutes prises. Les maudits!
Il y a le même problème dans tous les arts. Tout a été fait. Le meilleur se fait au début; ensuite, ça fait la job. La musique pop a donné une chance d’explorer autre chose que le classique. Les Beatles ont ouvert et fermé le dossier. Avant eux, les Bach, Beethoven, Mozart, Wagner ont fait de même avec la musique classique.
Cinéma? Les techniques ont changé. Mais Charlie Chaplin a tout dit en noir et blanc avec quelques mots et du piano.
Livre? Quel livre se démarque de la Bible? Ce n’est que du copier-coller à petite échelle. Drame, fiction, amour, bien vs mal, personnages héroïques. Tout y est.
Théâtre? Molière et Shakespeare ont réglé la question. Humoristes? Deschamps, Carling, Coluche, Pryor, Cosby, Hicks. Le reste… on fait de notre mieux.
L’artiste qui veut marquer l’histoire dans son art est mieux de se lever tôt, ou de mourir tôt. Dans mon cas, j’ai espoir. Pas de mourir tôt, mais de révolutionner l’art. Je vais faire de la sculpture humoristico-métallo-engagée. Je travaille justement sur une sculpture géante avec des portes de voiture peintes du visage de Che Guevara. L’ouvre se nomme Porte à gauche. C’est une ouvre à la fois engagée et autobiographique de son créateur. Je vais passer à l’histoire pour la pire joke de mononcle sculptée.
Ça peut être déprimant de se dire que tout a été fait. C’est plutôt que tout a été imaginé, mais tout reste à faire. On a chanté, peint, filmé, dansé l’idéal. Reste à le concrétiser, puis ça, on en a pour un maudit bout. John nous a fait imaginer le monde idéal, reste à le sculpter. Le problème, c’est que le monde est plus dur que du métal.
Faut être une gang pour sculpter ça. Il y a eu Beethoven, Chaplin, les Beatles, peut-être qu’un jour il y aura nous.