Le commenteux

Je déteste le commenteux. À ne pas confondre avec les commentaires. Je ne souffre pas du syndrome de l’artiste à la vérité absolue. Je prends tout, mais je dose tout. J’enlève le superflu. L’amour aveugle d’une fan ou la frustration d’un lecteur blessé. Puis, je garde le constructif. Le commenteux ne donne, et surtout ne fait, jamais rien de constructif. C’est pourquoi il est et restera toujours un commenteux. Comme mon collègue humoriste Michel Sigouin le dit : «Sur un chantier, quand t’es pas bon en construction, tu vas en démolition.»

Le commenteux utilise pas mal toujours la haine et le mépris dans ses commentaires «constructifs». De la haine et du mépris, on sait que ça fait avancer le monde! Pensez à tous les grands de ce monde qui ont fait bouger les choses avec ces deux armes de prédilection.

Martin Luther King, John Lennon, Gandhi, Harvey Milk, Bob Marley, René Lévesque. Souvenez-vous de leurs discours haineux remplis de mépris. Vous savez quand Martin Luther King a dit : «I have a dream!! You stupid people!!!» Ou encore René Lévesque : «Alors si je comprends bien, ce que vous me dites bande de BS de mangeurs de hot dogs!!! C’est à la prochaine fois?» Chantons tous ensemble ce classique des Beatles : «All we are saying…is give hate a chance!»

Je ne suis pas Lennon, vous n’êtes pas Lévesque. Pas besoin de viser d’énormes sommets pour être attaqué par le commenteux. Que vous construisiez un collier de macaroni ou commenciez une compagnie, que vous écriviez une recette de tourtière ou un roman de six cents pages d’une enquête policière, c’est toujours pareil. Le faiseux construit, le commenteux détruit.

Le commenteux passe sa vie en bas de la montagne à attendre. Il attend impatiemment, goulûment que le faiseux qui a eu le «culot» d’essayer de monter se plante. Il reste assis dans sa chaise longue, mange des chips et attend la chute. Lorsque la chute a lieu, il célèbre : «haha, check le cave!! Il s’est planté!!» Le faiseux essuie la poussière sur ses pantalons, roule ses manches et essaie à nouveau. Le commenteux penche sa chaise, ouvre un autre sac de chips et attend la seule victoire possible de sa petite vie; la défaite du faiseux.

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