Intelligence artificielle
Non, je ne vais pas parler de robots. Je suis certain que, parmi vous, il y des fans de robots qui meurent d’envie de lire une chronique sur le sujet. Désolé, mais R2D2 et Cour circuit n’auront pas leurs 400 mots de gloire. Je veux parler de notre intelligence artificielle à nous. Ou plutôt, des artifices de l’intelligence. «Pfffff, t’as pas lu Socrate???» «Hein!?? Tu ne connais pas le groupe Peter Fretan Poushki?» Ce genre d’artifice.
Il y a des gens qui ont un mépris des plus totaux pour les personnes qui s’habillent avec des marques, alors qu’ils sont loin d’être mieux. Pas que je ne suis pas d’accord que c’est un brin ridicule de porter des vêtements couverts d’éclairs en diamant, mais faut être conséquent. Si tu méprises ceux qui veulent crier haut et fort qu’ils sont cool, ne t’entête pas à vouloir crier haut et fort que tu es intelligent. Porter fièrement du Gap ou citer avec condescendance Gogol, c’est la même chose. C’est la même petite insécurité, le même désir d’être reconnu pour ce qu’on aime, et non pour ce qu’on est.
Un autre petit artifice, un gratuit dans tous les sens, c’est de rire de l’ignorance de certains pour flatter son «intelligence». Vous savez, lorsqu’un animateur, un humoriste va dans des quartiers pauvres poser des questions d’ordre général sur la culture, l’histoire ou la politique à des gens qui ont clairement un manque d’éducation. Moi, ça, ça me donne envie de fesser! À quoi ça sert? Ça aide qui? Ça fait avancer quoi? Bravo, on sait qu’une madame d’Hochelaga qui fait son épicerie chez Dollorama croit que Stéphane Dion est le frère de Céline Dion. Bon, haha. On se bombe le torse, on la trouve donc niaiseuse, et surtout, on se trouve donc intelligent! Le baveux faisait pareil à l’école avec le rejet, et nous, on riait, contents de ne pas être la victime.
Mais le pire artifice, le plus dangereux, est celui de l’apparence. Quelqu’un qui semble être intelligent en apparence, avec sa toge, sa cravate, son sarrau, son chapeau doré de six pieds de haut, peut faire des ravages dans nos têtes et nos vies. «Il doit savoir de quoi il parle, y’est tellement articulé!» Moi, plus t’as «l’air» intelligent, plus je doute. J’aime ça des robots, mais juste au cinéma.