Oyez! Oyez!
Quelqu’un a un cheval à vendre? Une cote de maille? Un dragon dressé? Je veux du vrai, pas ce que les fans du Moyen-Âge utilisent dans leurs combats épiques le dimanche sur le mont Royal. Je veux du métal et du cuir, pas d’la mousse et du tape gris. Voyez-vous, cette panique générale causée par la grippe A (H1N1) me fait croire qu’on fait un voyage en arrière. Ou pire, qu’on n’a peut-être jamais avancé, du moins, pas tant que ça.
Le virus A (H1N1) représente une possibilité de peut-être être un danger advenant le cas d’une certaine faiblesse du système immunitaire seulement entre 13 h et 15 h, quand il fait soleil et que Gill marque un but, mais on dirait que la peste noire s’est abattue chez nous. Des gens qui ont la goutte au nez courrent à l’urgence implorer le druide de leur donner la potion magique, quitte à passer par-dessus le pauvre qui a son pied dans un sac de glace… dans sa main. Mouche-toi, ça va passer.
Ça me sidère de voir que malgré tous les moyens de communication, malgré la quantité d’information qu’il est possible, en deux fractions de secondes, de faire circuler, c’est toujours la bonne vieille peur irrationnelle qui prend le dessus. À quoi bon savoir nuancer, préciser, mettre en diagrammes, faire des dessins en 3D si on panique quand un fou monte sur un cube de bois et crie : «La grippe A (H1N1) a tué neuf personnes!» Bonsoir, on est parti! Donnez-moi mon cheval et montrez-moi le chemin pour me rendre chez la sorcière!
On se bombe tellement le torse d’être un peuple civilisé, et pourtant. Combien de fois j’ai entendu des ‘tites madames et des ‘tits monsieurs traiter de sauvages des peuples vivant dans la pauvreté extrême qui se battent pour un sac de riz? Faisons durer la crise du verglas 30 ans au lieu de 30 jours, coupons les routes, la nourriture, les médicaments, puis voyons notre beau civisme à l’ouvre. Privé de la certitude d’Avoir de quoi boire à tous les jours, ta politesse, rendu devant le seul galon d’eau qui reste et qui va te permettre de survivre une semaine, j’ai bien hâte de la voir. Un peu civilisé, OK, mais surtout, en sécurité.
Lorsque que cette sécurité est menacée par du verglas ou une grippe, bien on prend notre épée et on fonce au combat. L’instinct de survie restera toujours le virus le plus violent.