Montréal-Québec
Plusieurs rêvent déjà d’une rivalité Montréal-Québec avec l’éventuel retour des Nordiques. Pas besoin d’attendre que le tout se déroule sur la glace. La bataille est déjà à son plus fort depuis que le maire Labeaume a décidé de construire son nouveau Colisée.
Il a d’ailleurs pris soin de camper les enjeux : si on n’est pas pour son projet dans son intégralité, on est contre Québec. Pourtant ce n’est pas nécessairement le cas. Les nuances sont possibles, mais pas dans le vocabulaire du coloré maire. Loin de faire dans la dentelle, il y va d’arguments qui frôlent la menace.
Quand le maire de Québec tient le compte et calcule combien Montréal a reçu – investissement de la Caisse de dépôt dans le Centre Bell, prêt sans intérêts pour l’acquisition des Canadiens ou PPP pour la salle de l’OSM -, il oublie de mettre dans la balance les sommes importantes que sa ville a reçu pour le 400e. Personne ne lui en a tenu rigueur. Au contraire, partout dans la province on s’est réjoui que la capitale se mette belle pour son anniversaire.
Selon Régis Labeaume, les gouvernements du Canada et du Québec doivent financer son projet à hauteur de 90 % avec l’argent public sinon… Sinon quoi? Le maire va faire une colère. Cela ne serait d’ailleurs pas nouveau. Y a-t-il moyen de penser à un modèle différent ? Dans ce dossier comme dans bien d’autres, le tout ou rien ne mène généralement nulle part.
Or, le territoire de la Capitale-Nationale est fort convoité par les différents partis politiques, qui souhaitent charmer cet électorat peu commun. Le premier ministre Charest, qui avait promis 50 M$ pour le projet, s’est ravisé. Le gouvernement du Québec fournira 45 % du financement, soit un chèque en blanc. Contexte politique oblige!
Au plus bas dans les sondages, en plein milieu d’une crise politique qui ne cesse de s’éterniser, Jean Charest a choisi la voie facile. Reste à savoir maintenant si Stephen Harper choisira la même. La région de Québec est importante pour lui aussi. C’est là que se trouve la majeure partie de ses élus au Québec. Sauf qu’il devra peser le pour et le contre. D’un côté se trouvent coincés ses élus de la région de Québec, de l’autres ceux du Canada qui ne veulent pas être en reste. C’est d’autant plus difficile que cela heurte la cohérence du modèle conservateur, qui préfère la présence du privé dans ce genre de projet.
Quoi qu’il advienne, il y aura sûrement une proportion de financement public dans le projet. On souhaite seulement que les élus reprennent leur sens des proportions. Le projet peut-il être pensé autrement, tant dans sa conception que dans son financement? Le retour sur l’investissement doit être autre que politique…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.