Le mur

Est-ce qu’il faut attendre de rentrer dans le mur? Au moment où le gouvernement fédéral et celui du Québec se creusent la tête pour équilibrer leurs budgets à la suite de deux années difficiles, la déferlante se prépare.

Dans tout le débat qui entoure la préparation des budgets, on semble oublier qu’au-delà de l’équilibre budgétaire, il faut aussi jeter les bases d’une structure qui nous permettra de faire face au choc démographique.

Selon le scénario de référence de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en 2031, il y aura deux travailleurs pour un retraité. En 2001, ce ratio était de cinq travailleurs pour un retraité.

Agir comme on le fait, c’est un peu comme si on faisait des plans pour remplacer les tuiles du plafond alors que le toit de la maison est pourri. Le premier n’empêcherait pas le plafond de nous tomber sur la tête.

Il ne s’agit pas pour la génération X d’être égoïste. Toutefois, il est réaliste de croire que les payeurs de taxes restants ne pourront offrir le même confort à la génération vieillissante, si on ne fait rien pour prévenir les choses. Il serait dommage de dire «exit» au système de santé publique une fois la masse des baby-boomers à la retraite. Il serait aussi hallucinant de se dire que nous ne sommes pas parvenus à investir sur des bases solides comme l’éducation quand le temps s’y prêtait, la base d’une société innovante et génératrice d’emplois.

Après ses commentaires sur la souveraineté, Lucien Bouchard aborde maintenant la question du sous-financement des universités québécoises. Accompagné d’une brochette d’universitaires associés aux Lucides, d’anciens leaders étudiants et d’anciens ministres, dont deux anciens ministres des Finances de Jean Charest, il propose un nouveau pacte visant peut-être à remplumer les hauts lieux du savoir.

Sur le fond, la proposition mérite qu’on s’y attarde. Dans ce débat, il faut cependant être en mesure d’assurer que le nouveau partage de responsabilités proposé assure l’équité. On ne peut piger dans la poche des étudiants sans leur donner de garanties.

L’État doit s’engager à réinvestir toutes les hausses des frais de scolarité – et plus encore – dans les universités et dans un programme de bourses efficace. De leur côté, les universités doivent assurer une saine gestion transparente et un niveau de service plus élevé.

Tout un défi qui mérite d’être relevé. Car si nous continuons dans la veine de l’inaction et de la vision à court terme, le mur risque de nous frapper plus rapidement qu’on ne le pense.

C’est peut-être là l’essentiel du message de Lucien Bouchard. Dommage qu’il ne s’y soit pas attaqué lorsqu’il avait les deux mains sur le volant.

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