Pas besoin d'excuses

À peine un an que Barack Obama a prêté serment. De l’espoir à la grogne, le climat a changé radicalement. Celui qui avait séduit une large part de l’électorat et qui jouissait d’un taux d’approbation de près de 80 % en est aujourd’hui réduit à s’excuser auprès des Américains. Il dit avoir perdu le contact. Il a pourtant bien gardé le cap malgré le contexte économique catastrophique. Guantanamo, Afghanistan, réforme de la santé, tous des enjeux auxquels il avait promis de s’attarder.

On savait qu’une année ne suffirait pas pour qu’il tienne ses multiples promesses. Son plan était ambitieux. Toutefois, le temps était un élément critique. Il fallait profiter de la lune de miel, mais surtout de la majorité des deux Chambres pour livrer la marchandise. Dans ce pays où on est en mode électoral de manière perpétuelle, il faut agir quand le climat est favorable.

Ce n’est pas tant la politique extérieure qui lui a causé des ennuis. Obama l’hyperactif a su rebâtir les ponts sur le plan des relations internationales. Ses différentes allocutions ont porté. L’attribution du prix Nobel de la paix au moment même où étaient déployées des forces supplémentaires en Afghanistan a bien fait sourciller, mais on a compris que c’était davantage l’espoir que le bilan qui lui valait les honneurs. ?La perte du seul siège du Massachusetts mardi remet en question toutes les réformes promises. La santé, la réglementation du secteur bancaire, la taxe sur les bonus des hauts dirigeants sont autant de changements qui risquent de ne pas se matérialiser avec l’élection du républicain Scott Brown. Obama doit manouvrer dans un système électoral où le «check and balance» rend la vie d’un président compliqué. Au contraire du Canada, où la concentration du pouvoir au bureau du premier ministre agace, Obama doit constamment négocier avec le Congrès. Il n’y a pas de modèle parfait, et lui seul doit porter l’odieux des promesses non tenues.?

Cette première année d’Obama aura été faite de haut et de bas. Vue d’ici, elle aura fait la preuve que le changement est possible pourvu qu’il soit inspiré par un leadership fort. Vu des États-Unis, Obama aura été trop mou pour les partisans des grandes réformes et trop dérangeant pour les tenants du statu quo.

Pas besoin de s’excuser, M. Obama, vous avez travaillé à livrer ce que vous aviez promis. Vos actions ont correspondu à vos convictions. Le problème est sans doute que les Américains, comme nous-mêmes, s’attendaient à des miracles. À l’impossible nul n’est tenu? Malheureusement, la politique ne se mesure pas ainsi. Le slogan de votre campagne était «Yes we can» et non pas «Yes I can». 

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