Histoire d'un compteur d'eau

L’ancien président du conseil exécutif de la Ville de Montréal a démissionné de son poste dans le secteur privé cette semaine. Il avait quitté la vie politique après
22 ans de service pour se joindre à une firme d’ingénierie-conseil. Dans une lettre ouverte publiée dans les quotidiens montréalais, M. Zampino a affirmé que seul le travail du vérificateur général pourrait mettre fin au procès d’intention à son endroit.

Pourtant, Frank Zampino n’est pas une victime. Il a tardé à donner sa version des faits. Il n’a toujours pas donné les factures qui devaient prouver qu’il avait assumé les frais de voyage sur le bateau de Tony Accurso. Il n’a jamais pu faire la lumière sur les circonstances qui ont mené à l’attribution de l’un des plus importants contrats jamais donnés par la Ville de Montréal.

En cours de mandat, M. Zampino a failli. Lui, parle d’une simple maladresse. Il s’agit pourtant de quelque chose de beaucoup plus grave. Comme il le dit si bien, en politique, la perception, c’est la réalité. Il a fait preuve d’un manque de jugement qui érode la confiance des citoyens et alimente le cynisme. Non seulement cet épisode malheureux ternit l’administration Tremblay, mais elle nous ouvre aussi les yeux sur des évidences qui n’en sont pas.

On constate d’abord qu’il n’y avait pas de complicité entre le maire et son numéro 2. À un point tel que le maire ne savait rien sur les fréquentations du président du conseil exécutif. On ne lui demandait pas de déjeuner, dîner, souper avec lui, mais au moins de savoir et de comprendre ses manières de faire et ses pratiques.

Deuxièmement, on aurait pu croire que le jugement d’un homme occupant un poste comme celui de président du conseil exécutif était au-dessus de la moyenne. Personne n’est parfait et sans faille, mais à tout le moins, on s’attend à ce que des personnes choisies pour occuper des postes aussi stratégiques soient en mesure de s’élever au-dessus de la mêlée.

Il est clair que la lumière doit être faite sur l’ensemble du dossier. Que ce soit le vérificateur général ou une commission publique, il importe de comprendre et d’agir. Car la preuve est faite que même des gens occupant des postes de responsabilité peuvent commettre des erreurs de jugement graves qui entachent l’ensemble du processus. Vivement un commissaire à l’éthique pour les élus du Québec.

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