Bas de laine rétréci

Il semble que le bas de laine des Québécois ait rétréci dramatiquement. Des chiffres préliminaires laissent présager le pire. Une perte de près 38 G$ pour l’année 2008, soit une chute de 26 % de la valeur des actifs. Les résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec ne sont toujours pas officiels. On sait toutefois qu’ils seront catastrophiques. Personne, pas même les dirigeants de l’institution ou la ministre, n’a démenti. C’est immense. En comparaison, on anticipe des rendements négatifs d’environ 16 % dans le marché.

Quand on regarde dans le rétroviseur, on peut dire que nous en sommes arrivés à cette situation désastreuse malgré les signaux d’alarme. Le gouvernement Charest a préféré détourner le regard. Dès l’automne 2007, l’opposition officielle adéquiste l’a questionné sur les choix de placements de la Caisse. Au lieu de se préoccuper de la question, on a préféré la tourner en ridicule. Le temps a prouvé que les questions de l’opposition étaient justifiées. À un point tel qu’aujourd’hui, la ministre dit que les PCAA étaient des produits que personne ne comprenait. Pourtant, la Caisse y a investi 12,7 G$ de vos économies.

La remise sur les rails commence par la nomination rapide d’un président. Cette personne, au-delà de ses compétences, devra adhérer à la mission historique de l’institution, qui vise à gérer les avoirs en recherchant un rendement comparable à celui du marché tout en contribuant au développement économique du Québec. On souhaite que le gouvernement ne s’ingère pas dans la gestion quotidienne de la Caisse. Il doit toutefois assumer ses responsabilités. Il importe aujourd’hui de clarifier la mission de la Caisse et de lui imposer une plus grande transparence.

Jean Charest a désormais les deux mains sur le volant. Il disait que tout allait bien. Il devra maintenant répondre de la disparition des milliards de dollars qui appartiennent aux cotisants que nous sommes. Il faut que nous comprenions comment nous en sommes arrivés là. Il semble que le bas de laine des Québécois ait été lavé à l’eau chaude et passé à la sécheuse. À moins qu’il ne soit percé, comme la sacoche de Mme Jérôme-Forget.

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